Comment la Mycothérapie révolutionne le traitement des dysbioses ? Avec Hisham Amarti et le Dr Bruno Donatini
Comment la Mycothérapie révolutionne le traitement des dysbioses ? Avec Hisham Amarti et le Dr Bruno Donatini

Comment la Mycothérapie révolutionne le traitement des dysbioses ? Avec Hisham Amarti et le Dr Bruno Donatini

Résumé de la vidéo :

 

L’interview de Hicham Amarti avec le Dr Bruno Donatini, gastro-entérologue, hépatologue, immunologue, cancérologue, ostéopathe, et top enseignant à l’ECIM (European College of Integrative Medicine), met en lumière plusieurs points clés concernant la santé intestinale et ses implications sur les maladies chroniques.

Dysbiose et maladies chroniques : Le Dr Donatini explique que la dysbiose, un déséquilibre du microbiote intestinal, peut mener à une inflammation chronique.

Cette inflammation peut affecter divers organes et contribuer au développement de maladies comme le syndrome métabolique, les maladies auto-immunes, et d’autres pathologies inflammatoires.

Origines de la dysbiose :

Il identifie plusieurs causes de la dysbiose, notamment une alimentation déséquilibrée, l’usage excessif d’antibiotiques, et une mauvaise hygiène bucco-dentaire. La flore buccale agressive peut descendre dans le système digestif et endommager la muqueuse intestinale.

Importance de la santé buccale :

La bouche est décrite comme une porte d’entrée pour les pathogènes. Une bonne hygiène bucco-dentaire est cruciale pour prévenir la contamination de la flore intestinale par des bactéries buccales agressives.

Signes de dysbiose : Les signes incluent des troubles digestifs, des problèmes bucco-dentaires, des variations de poids, et des troubles du sommeil. Ces symptômes doivent alerter sur un possible déséquilibre du microbiote.

Favoriser un microbiote diversifié : Il recommande d’éviter la désinfection excessive, de maintenir une alimentation variée riche en légumes et fibres, et de pratiquer une activité physique régulière pour favoriser un microbiote diversifié et sain.

Rôles et risqques des probiotiques et prébiotiques : Le Dr Donatini souligne que l’utilisation de probiotiques et prébiotiques doit être basée sur un diagnostic précis.

Il critique les tests de selles pour évaluer la flore intestinale, préférant les tests respiratoires pour diagnostiquer une flore pauvre.

Ces points mettent en avant l’importance d’une approche intégrative pour maintenir la santé intestinale et prévenir les maladies chroniques.

Mots-clés : dysbiose, microbiote, inflammation chronique, santé intestinale, hygiène buccale alimentation saine, Bruno Donatini

Retranscription intégrale :

Comment La Mycothérapie Révolutionne Le traitement des Dysbioses ? Avec Le Dr Bruno Donatini

Hisham Amarti : Bonjour à tous aujourd’hui avec moi donc j’ai l’honneur d’avoir le docteur Bruno Donatini euh donc qu’on le présente plus donc le docteur Bruno Donatini qui est gastro-entérologue hépatologue cancérologue immunologue ostéopathe il est reconnu pour son expertise donc dans le domaine de la santé intestinale, un pionnier dans l’utilisation donc de la mycothérapie pour traiter les dysbioses et il a développé aussi des approches innovantes comme un test respiratoire pour diagnostiquer la fermentation intestinale. Il est auteur de plusieurs ouvrages, dont « La bouche miroir de votre santé » et donc, le docteur Donatini s’investit beaucoup dans la recherche et la vulgarisation des connaissances sur le microbiote et son impact.

Docteur Donatini, bonjour.

Bruno Donatini : Bonjour merci, c’est trop exhaustif. Gastro-entérologue aurait été suffisant.

Hisham : Merci moi je tenais quand même à à à ce que les gens connaissent bien l’étendue de vos capacités puisqu’effectivement, vous les avez donc autant autant les dire. Ca va mieux en le disant, comme dirait l’autre.

Bruno : C’est bien parfait.

Hisham : Donc docteur Donatini, est-ce que vous pouvez nous expliquer le lien entre la fermentation intestinale excessive, et donc le développement de maladies chroniques comme donc le syndrome métabolique ou les maladies auto-immunes ?

Bruno :  Et bien, la pullulation digestive va donner de nombreux fragments bactériens, va souvent manger une partie de la muqueuse, voire détruire les petits nerfs, qui sont dessous et rendre l’intestin perméable. Vous aurez donc accès à notre organisme sain, et vous donnerez l’accès à des bactéries ou à des fragments qui vont créer une inflammation chronique.

Donc cette inflammation chronique, elle va se disperser en trouvant des cibles qui peuvent être des organes : le cerveau, la thyroïde, même la moelle osseuse et vous aurez une inflammation chronique.

En plus, comme vous aurez touché la muqueuse et la motricité, vous aurez des zones de stagnation et des zones de malabsorption qui vont créer par cercle vicieux des zones de pullulation de plus en plus grave.

Donc vous aurez de plus en plus d’inflammation et de destruction de ces tissus, ce qui fait que finalement, on a un effet cause et conséquence de la dysbiose.

Donc dès que vous la trouvez vous devez chercher quelle est l’origine, et quelle peut être la quirielle des conséquences inflammatoires chroniques.

Dans les grands syndromes inflammatoires, vous avez l’accumulation des graisses, le syndrome métabolique. La graisse, c’est un résidu de bactéries, en fait. Ce sont des acides gras à courte chaîne qui vont être mal métabolisés et qui vont s’accumuler dans les organes qui sont le foie, le pancréas, les artères, le cerveau, et qui vont par eux-mêmes générer une inflammation. Donc ça c’est le syndrome métabolique.

Mais vous avez aussi tout ce qui va créer l’inflammation.

Chroniques et informations santé | NutriSimple | MALADIES INFLAMMATOIRES CHRONIQUES DE L'INTESTIN (MICI) : ACTUALITÉS SCIENTIFIQUES

Donc les polynucléaires qui vont répondre à ces effractions en fait. Et vous aurez une libération de cytokines, de médiateurs inflammatoires qui vont baisser l’immunité, puisque trop de globules blancs amènent des suppresseurs. Et cette baisse d’immunité va favoriser les virus qui vont déclencher des infections chroniques.

Par exemple la thyroïdite auto-immune, ou même le diabète de type 1, ou d’autres maladies inflammatoires comme la sclérose en plaque ou le lupus.

Donc il y a une quirielle de pathogénie,  de moyen de nuire qui découlent de cette inflammation chronique induite par les dysbioses.

Hicham : d’accord. Alors déjà il y a beaucoup de notions que vous avez abordées pour ceux qui nous regardent. On va essayer de les reprendre rapidement. Alors par exemple, quand vous parlez de manger la muqueuse, qu’est-ce que qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

Bruno :

  • Vous pouvez avoir des virus qui détruisent une muqueuse : une gastro-entérite virale va vous donner une diarrhée. La muqueuse va être détruite par effet de toxine et vous aurez une muqueuse perméable quelques jours.

Vous pouvez avoir aussi un effet de médicaments :

  • Les anti-inflammatoires peuvent abraser une muqueuse.
  • Les antibiotiques peuvent vous donner une dysbiose qui va fragiliser la muqueuse et rendre perméable aussi longtemps que vous prendrez des antibiotiques ou des destructeurs de flore.

Vous avez également des flores qui sont très agressives qui viennent de la bouche, qui sont des flores souvent anaérobies associées à des aphtes, à des maladies parodontales, qui peuvent descendre et consommer la muqueuse.

Nous devenons finalement des aliments de ces bactéries et de ces biofilms.

Donc si vous les laissez en place longtemps votre muqueuse va être tout simplement consommée par ces biofilms très pathogènes.

Donc voilà ce que j’appelle manger une muqueuse.

Causes des dysbioses

Hicham : d’accord. Donc vous parlez de dysbiose. C’est un déséquilibre bactérien. Qu’est-ce qui peut provoquer cette dysbiose finalement ?

Bruno :

  1. La dysbiose ça peut être une flore excessive qui va être déséquilibrée, parce que vous mangez toujours la même chose et ça n’est pas approprié.

Exemple un excès de sucre, qui va aboutir à une dysbiose buccale avec des caries ou une gingivite. Vous avez toujours le même déséquilibre : les bactéries vont manger et les sucres qui sont entre les dents et finir par manger les dents ou les les muqueuses.

Ca c’est une dysbiose agressive consommatrice de nos tissus nobles.

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2. Vous avez aussi la possibilité d’une dysbiose pauvre : vous tuez votre flore à coup d’antibiotiques répété, de nettoyages abusifs, de produits alimentaires qui contiennent plus de bactéries et de fibres, vous avez une flore pauvre, et finalement la seule qui peut résister c’est une flore qui produit de la graisse.

Et donc vous avez une dysbiose productrice de graisse sans compensation par les flores normales qui permettent de réguler ce déséquilibre.

Vous avez une dysbiose par flore pauvre.

 

La bouche, porte d’entrée des virus et des mauvaises bactéries

 

Hisham : d’accord, donc là quand on parle de microbiote. Nous on pense souvent au microbiote intestinal. Donc à tout ce qui se passe en dessous on va dire, ou du moins en dessous de l’estomac. Et là depuis tout à l’heure, vous parlez de la flore.

 

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Donc ce que je comprends c’est que c’est la porte d’entrée, et c’est là où tout peut commencer à se passer ou du moins se dégrader.

Bruno :  Eh bien, en définitive on s’aperçoit que la bouche, c’est un endroit très sale. Il va y avoir beaucoup de virus, beaucoup de bactéries agressives, et en fait nous sommes construits comme un tube digestif innervé, plus ou moins sophistiqué, mais en gros nous sommes un tube digestif innervé, avec un système de décontamination, qui va commencer par une hyper-acidité, puis des bicarbonates qui vont transformer en alcalin, donc qui rendent un milieu extrêmement difficile :

Celles qui s’était adapté à l’acide se retrouve en milieu alcalin. Puis on va avoir des celles biliaires qui les dissolvent. Puis on va avoir une privation d’oxygène. À la fin, il ne reste plus grand-chose.

Donc nous avons des étapes physiologiques de décontamination de cette flore extrêmement agressive.

Dès que vous avez mis en péril ces systèmes de décontamination, vous vous retrouvez avec une flore de l’intestin grêle contaminée par la flore buccale, et vous allez vous faire manger les muqueuses par une flore agressive haute.

Donc cette bouche doit être considérée comme un organe à nettoyer en permanence. Nettoyée par l’hygiène buccale le brossage, mais aussi éventuellement par un peu d’oxygène pour tuer ces bactéries qui vont sinon survivre et contaminer l’intestin grêle.

Donc on oublie que la bouche est un organe très sale, avec une grande diversité ce qui est une bonne chose, mais qui doit être régulé par des organes sains sous-jacents et immédiatement sous-jacents.

Or, nos habitudes de santé qui sont de prendre des produits fermentés, donc de l’alcool, du vinaigre vont aboutir à une hyperacidité gastrique permanente.

Le stress c’est également une hyper-acidité gastrique permanente.

On va manger beaucoup trop sucré des produits fermentables. S’ils fermentent dès l’estomac vous aurez beaucoup d’acides gras, ce sera hyper acide vous aurez une mauvaise flore.

Et si en plus vous avez des sels biliaires qui ne sont pas parfaits avec un foie qui a un peu souffert, vous aurez et bien finalement une prolifération de bactéries buccales dans l’estomac et même dans et vous abîmerez tout.

Donc, on a vraiment un rôle important de contamination de la flore buccale dans la flore sous-jacente.

Et en définitive les pathologies ne sont pas liées à des pathologies de flore rectale, elles sont liées à des pathologies de flore buccale, et c’est de plus en plus démontré.

Source

Donc j’aimerais, pour ajouter une petite note d’humour d’entrée, ce n’est pas en faisant des lavements de rectum que vous vous empêcherez la maladie d’Alzheimer, mais en revanche avec une bouche propre, oui. Il ne  faut pas se tromper de côté.

Signes de la dysbiose

Hisham : c’est bon à savoir effectivement, il ne faut pas se tromper d’endroit.

Je suis donc une personne normale : quels sont les signes auxquels je dois faire attention pour dire : oh là là là, je suis en train d’aller vers la dysbiose, il faut vraiment soit je consulte, soit que je commence à à faire attention à à mon alimentation à mon hygiène dentaire puisqu’effectivement je comprends bien que le la bouche c’est vraiment une porte d’entrée importante, et dont il faut faire attention.

Donc quels sont les signes auxquels je dois prêter attention ?

 

Bruno : Ils sont très nombreux.

  • Le premier signe, c’est le signe du trouble digestif classique : vous ballonnez, vous avez une pesanteur, l’estomac ne se vide pas bien vous avez des reflux, des nausées, c’est du classique.
  • Deuxièmement : l’alternance diarrhée – constipation. Vous avez une flore qui commence à souffrir et va retentir sur la motricité de votre intestin ou de votre estomac. Donc trouble classique.
  • Ensuite, vous avez ces signes buccaux : des gencives qui saignent, trop de caries, des reflux et des brûlures de bouche.
  • Enfin, vous pouvez avoir une perte de poids qui va dépasser 3 ou 4 kgs, ou une prise de poids qui va dépasser 3 ou 4 kgs. Là ça va pas du tout vous avez soit une malabsorption dans premier cas, soit un syndrome métabolique qui se met en place avec une dysbiose dans le second cas.
  • Donc tout ou digestif éventuellement même des réveils nocturnes qui peuvent être d à des ballonnements, à des reflux, ou à des diurèses intempestives, ça doit vous alerter si c’est récent.
  • Douleurs articulaires
  • Eczema ou asthme (stress ou excès de sucre chez l’enfant)
  • Psoriasis (choc affectif ou excès d’alcool ou de sucre)

Donc on a à la fois des signes de sommeil, de bien-être, des signes de confort digestif ou des signes de poids ou de brûlure buccale.

Tout ça ça ça ne doit pas exister, et c’est vraiment un signe de dysbiose très fort.

Dysbiose intestinale : Causes, Symptômes et Traitements - Information hospitalière : Lexique et actualité du milieu médical

 

Hisham : d’accord donc moi je suis plutôt du côté de de la prise de poids, il va donc falloir que je commence à regarder un petit peu de ce côté-là.

Comment favoriser la diversité

Donc d’après ce que j’ai compris, c’est que la diversité de notre microbiote est une des clés, donc comment peut-on favoriser cette diversité ?

Bruno : On a on a deux grands éléments qui vont intervenir.

Le premier c’est bien sûr l’alimentation, et le second ça va être l’attention portée à ne pas désinfecter en excès. Si vous prenez des antibiotiques, si vous nettoyez votre bouche en permanence avec des bains de bouche, si vous allez à la piscine trop

Régulièrement, si vous prenez des huiles essentielles en goutte vous allez tout brûler. L’argent colloïdal, même la propolis, vont tuer, finalement vont avoir raison de votre diversité de flore.

  1. Premier grand message : il faut éviter de désinfecter avec des produits puissants.

 2. Deuxième grand message : vous devez manger diversifié, et ce qui compte ce sont les légumes et les fibres de légumes.

  • On n’a pas de bactéries qui peuvent ensemencer une flore à partir des protéines ou des huiles.
  • On n’aura pas de bactéries dans des compléments alimentaires. Par définition, ça doit être stérile.
  • Dans des médicaments non plus.
  • On va pas trouver de microbiote dans les produits industriels qui doivent être stériles et se conserver longtemps.
  • Le fruit pourri et il ne contient pas un biote pérenne susceptible d’enrichir une flore de muqueuse.

Donc vous devez avoir des légumes et des fibres qui pourissent peu et lentement. Donc ça, en général, sont des légumes qui sont de type légume vert bio.

Et là vous avez toutes les chances d’enrichir votre flore.

2. Autre élément : pour qu’une flore soit saine il faut qu’il y ait une motricité. Comme je l’ai indiqué un estomac qui ne se vide pas va favoriser une pullulation, de la même façon qu’un intestin qui stagne.

Je prends souvent l’image qui est vite comprise : vous avez beau mettre des truites dans un marais, il n’y aura pas de truite. Pour qu’il y ait un un bonne flore, un bon poisson entre guillemets, il faut qu’il y ait un torrent. Donc il faut que votre flore soit nettoyée de la vilaine flore susceptible de s’accrocher, de manger votre muqueuse.

Ca, c’est la motricité vous l’obtiendrez avec et bien du sport, une activité physique régulière, une activité déstressante puisque le stress bloque les vidanges et augmente l’acidité extrême. Et puis en ayant éventuellement du magnésium ou des fibres. Donc cette vidange fait partie des éléments fondamentaux.

 

3 grands volets : 3 grandes clés

Donc on voit finalement se détacher les trois grands volets qui sont pour moi les trois grandes clés :

  • Premièrement il ne doit pas avoir d’éléments nocifs pour la motricité. Donc il faut pas de virus : covid long, herpès, infection virale répétée.
  • Il faut une flore diversifiée donc une alimentation saine et ne pas détruire sa flore.
  • Puis maintenir l’activité de vidange.

Donc on a :

  • Les virus à maîtriser
  • La flore à choyer et à diversifier
  • La motricité à favoriser par le mouvement, le déstress, voier la stimulation du nerf

C’est les trois volets d’une bonne santé. Sinon vous détruisez la motricité, votre muqueuse et la diversité de la flore. Tout ça ça s’intrique. C’est de la médecine intégrative.

Si vous ne vérifiez pas ça, vous n’aurez pas d’amélioration de la problématique de dysbiose

 

Utilité et contre-indications des probiotiques

 

Hisham : d’accord donc vous avez parlé donc de l’alimentation qui est effectivement un volet important. Donc du coup, je ne résiste pas à vous poser la question des probiotiques et des prébiotiques que l’on propose nous, pharmaciens, et comment comment selon vous ça peut être intéressant donc dans ce contexte-là, et surtout quelles sont les précautions à prendre pour les utiliser ?

Donc vous avez vu donc le les les trois palettes, les trois grands volets et vous avez vu que l’objectif est d’enrichir une flore, et pas forcément d’enrichir une flore rectale, parce que la flore rectale n’est pas la priorité.

En revanche il faut une bouche propre, et donc la question c’est : doit-on ou peut-on compter sur les probiotiques et les prébiotiques pour améliorer ça ?

 

Donc, le première étape, ça c’est le volet médical, il ne faut jamais l’oublier : faire un diagnostic. Vous ne pouvez pas donner un probiotique ou un prébiotique face à un problème qui peut être :

  • Un Crohn ou un RCH,
  • Si c’est un estomac qui stagne, vous allez aggraver les choses avec une fermentation dans l’estomac. Votre probiotique ne restera que dans l’estomac.
  • Si vous avez une diverticulose, vous aurez une aggravation de la fermentation dans le diverticule.
  • Si vous avez une tumeur ou une pré-tumeur, parce que vous aurez une inflammation accrue, une baisse d’immunité.

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Donc, premièrement, il faut que l’indication soit posée.

Et surtout beaucoup de choses ne bénéficient pas :

  • On traite pas les maladies inflammatoires avec des probiotiques
  • Ni les tumeurs
  • Ni les démences
  • Ni les inflammationsinfection en cours : une sclérose en plaque, ça ne se traite pas avec un probiotique.

 

Donc, l’indication doit être posée.

A priori, c’est fait pour augmenter une flore qui doit être diagnostiquée comme pauvre.

Pour diagnostiquer une flore pauvre, il faut un test respiratoire.

Donc on commence par faire un test respiratoire.

Le diagnostic des selles ne sert à pas grand-chose, ça dépend de ce que vous avez mangé les jours avant, ça dépend si vous êtes constipé ou pas. Puis c’est une flore passagère. C’est-à-dire qu’elle a peu d’interaction avec la muqueuse. Ce qui compte c’est la muqueuse et la flore qui a dedans.

 

Tests de selles

Hisham : d’accord. Quand vous parlez des tests, beaucoup de laboratoire préconisent en ce moment des tests de selles. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Bruno : J’en pense le plus grand mal. Ça ne sert à rien.

  • Premièrement c’est une flore passagère, c’est une flore qui n’est pas dans la muqueuse. Elle n’a pas d’interaction. Ce sont des bactéries qui se mangent les unes les autres. Et que vous retrouviez les bactéries que vous avez pris dans la bouche dans les selles à quoi ça peut bien nous servir ? On n’est pas là pour ensemencer des selles qui finissent dans les toilettes. On est là pour enrichir une flore qui est dans une muqueuse et qui améliore votre inervation et qui baisse votre inflammation.

 

Donc vous devez montrer :

  • Qu’il y a une baisse d’inflammation,
  • Qu’il a une meilleure innervation,
  • Et qu’il y a une meilleure flore de muqueuse.

Ce qu’il y a dans les selles ça sert à rien.

 

3 aspects à rechercher à la place des tests des selles

Vous devez donc montrer :

  • Que la flore des muqueuses est meilleure : c’est par un test respiratoire
  • Que l’estomac se vide mieux : c’est une échographie
  • Qu’il y a une baisse de l’inflammation. On a comme marqueur actuellement un excellent marqueur qui s’appelle la caleprotectine que l’on peut mesurer dans les selles, mais aussi dans la salive. Vous devez avoir une baisse de cette caleprectine qui montre que vous avez maîtrisé l’inflammation.

 

Et ça ce n’est pas un test fécal, c’est une calprotectine salivaire. Il ne faut pas se tromper. Vous avez un marqueur et vous vérifiez que ça marche.

Donc faire un analyse de selles, c’est coûteux oui vous avez tout le génome des bactéries, qu’est-ce qu’on peut bien en faire ? C’est ridicule ?  C’est un sur-diagnostic pour aucune conséquence. Il faut payer des des tests beaucoup plus simples pour aller droit au but.

  • Est-ce que c’est diversifié dans la muqueuse?
  • Est-ce qu’on a une baisse de la calprotectine qui est un marqueur issu des polynucléaire, et qui est directement relié à l’inflammation ?

On va le chercher dans la clé c’est-à-dire dans la salive dans la bouche pas dans les selles.

Donc, ça, ça règle le sort de cet examen qui est fait de façon beaucoup trop fréquente et tout à fait inutilement.

Si vous avez cette vision qui est de désinflammation, vous allez chercher à voir une meilleure vidange de l’estomac, et une meilleure flore muqueuse.

 

Tests et marqueurs utiles

 

Et la clé c’est encore une fois, le test respiratoire. Ou alors vous allez vous baser sur des critères cliniques :

  • Perte de poids chez quelqu’un qui a pris 4 ou 5 kg
  • Meilleur transit digestif, moins de ballonnements
  • Des marqueurs comme la calprotectine ou même la CRP c’est-à-dire un marqueur de l’inflammation CRP ultrasensible, qui va se régulariser vous avez des résultats sur l’inflammation, voire sur la maladie qui est visée comme la thyroïdite ou autre maladie articulaire.

 

Autres symptômes de la dybiose

Dans les symptômes vous avez souvent dans les symptômes de dysbiose :

Les douleurs articulaires, l’eczema, c’est une inflammation chronique d’un organe

Dès que vous avez une dysbiose vous jetez de l’huile sur le feu et ça explose.

On connaît l’effet du stress ou de l’excès de sucre chez l’enfant qui va faire de l’eczema ou de l’asthme.

Ou celui qui fait un psoriasis qui va faire sa pousser après un choc affectif ou un petit excès d’alcool ou de sucre. Ça c’est aussi un signe de dysbiose.

Donc, si vous maîtrisez la dysbiose, vous aurez une amélioration de ces symptômes périphériques.

Quand ne pas donner de probiotiques

Hisham : d’accord. Je reviens à ce que vous disiez tout à l’heure. Doncm vous nous avez donné les critères selon lesquels, il ne fallait pas utiliser probiotiques, c’est tout à fait juste, et donc du coup, dans quel cas vous vous les préconisez ?

Bruno : donc si vous avez une flore pauvre qui dure plus de 3 semaines. 3 semaines, ce n’est pas : j’ai pris un antibiotique, et par prévention, sans savoir si j’ai une flore pauvre, je vais faire de semaines de prébiotique ou de probiotique.

Vous avez une flore pauvre qui dure plus de 3 semaines : validez-la, et là vous pouvez essayer d’augmenter la flore.

Et là, vous avez deux possibilités :

  • Le prébiotique, le probiotique, les deux ensemble
  • Ou vous avez les légumes

C’est à vous de décider. Donc si vous avez une flore qui est a priori sensible aux antibiotiques, et qui a été détruite, vous pouvez essayer le probiotique.

En revanche, si vous avez quelqu’un qui avait déjà une flore pauvre, qui mangeait peu de légumes, le probiotique n’aura aucun effet.

Vous devez utiliser des fibres, et là on va utiliser des légumes ou des produits qui sont cultivés sur des fibres, comme des champignons ou des bactéries cultivées sur des écorces.

On a le choix.

Mais,  premièrement on a restreint l’usage à des choses confirmées de flores pauvres.

C’est pas la pratique actuelle, hein.

 

Hisham : Oui tout à fait, justement c’est pour ça que que je vous invite, c’est pour que justement on puisse échanger là-dessus, que vous puissiez nous expliquer un petit peu votre point de vue, et que on puisse le diffuser, et savoir qu’il y a peut-être des pratiques que l’on fait et qui sont pas forcément adéquates.

 

Aliments fermentés

Au niveau des légumes bio verts qui contiennent des fibres et cetera pour pouvoir développer ce microbiote qui peut être défaillant, et que pensez-vous des aliments fermentés ?

Bruno : Eh bien, le problème, on va prendre un exemple pour illustrer.

  1. Dans les régimes qui sont bénéfiques dans les dysbioses, on a un régime dit pauvre en produits fermenteurs qu’on appelle Fodmap qui a été bien évalué en Australie par la faculté de Melbourne, et qui est entériné en gastro-entérologie internationale.

 

Le Fodmap, c’est un produit fermenteur que l’on va combattre, c’est un prébiotique.

Donc, on va tout faire pour baisser les prébiotiques en cas de dysbiose. Donc, vous voyez l’incohérence du système qui est : on va donner des prébiotiques en cas de dysbiose.

C’est l’inverse qu’il faut faire : donc normalement on diminue ce qui est fermentable et ce qui est fermenté.

C’est mon grand leitmotiv pour mes patients : vous ballonnez, vous baissez ce qui est fermentable et fermenté.

Donc on baisse :

  • Les fodmaps
  • Les sucres
  • Les féculents
  • L’alcool
  • Et les lacto fermenté et autres dérivés

Premier grand principe dans le ballonnement.

 

2. Deuxième grand principe : tous ceux qui ont un excès de graisse, qui font un syndrome métabolique, vident mal leur estomac, font beaucoup trop d’acide gras.

 

Donc, je vous ai dit c’est pas le moment de rajouter du ballonnement avec des pré- ou des probiotiques.

Mais surtout ce qui est intéressant c’est de se dire : si vous donnez des produits qui sont déjà fermentés, vous rajoutez des acides gras.

Les produits lactofermentés

Les aliments fermentés sont-ils bons pour moi? - Unlock Food

Le lactofermenté, c’est la voie : acide lactique, acide propionique.

L’acide propionique : des bactéries vont en profiter. Ce sont les propionibacterium acnes qui sont des bactéries très inflammatoires.

Donc, c’est vraiment la voie à éviter à tout prix pour l’acné, et toutes les maladies articulaires.

 

Donc, tout le lacto-fermenté aggrave les maladies cutanées et articulaires. Jamais. Par principe. Et c’est confirmé par les tests respiratoires : dès que vous avez des propionates vous devez arrêter tout ce qui fermente avec l’acide lactique : donc les laitages en particulier.

On sait que les laitages, qui contiennent du lactose ou pas, favorisent l’eczéma, l’acné. Tout ça c’est publié.

Donc attention au lacto-fermenté.

 

Les produits vinaigrés et l’histamine

3) Et ensuite, on a tout ce qui va être sur la voie de l’alcool et du vinaigre. Ça va favoriser bien sûr l’atteinte hépatique, mais surtout la libération d’histamine.

On sait que les produits histamino-libérateurs sont basés sur le vinaigre en grande partie, l’alcool et les fromages très fermentés très anciens, très affinés.

Donc, ça c’est la voie des acétates. Donc on fait très attention à cette voie vinaigre alcool : acétate, histamine très relié en terme de dysbiose.

 

Les butyrates et le syndrome métabolique

4) Et enfin, si on a des produits qui sont plus rares, mais qui vont fermenter vers les butyrates avec des acides gras plus lourds, là on va favoriser le syndrome métabolique.

Donc, on fait très attention. Mon grand principe est simple : on prend des produits sains peu fermentables et jamais fermentés.

Vous êtes sûrs de pas vous tromper en insérant une flore qui peut aggraver soit l’histamine, soit les propionates, soit les butyrates, parce que c’est très difficile de faire un diagnostic en fait.

Résumé

Donc, le grand message c’est :

  • Ne commettez pas de bêtises chez quelqu’un qui aura une flore pauvre, donc exclusivement butyrate, en donnant des produits pré-fermentés. Vous augmenterez le surpoids.
  • Si vous donnez un lactofermenté à un propionate, il va faire une poussée articulaire, ou un psoriasis
  • Et si vous donnez des acétates ou des fermentés chez quelqu’un qui a un syndrome d’activation mastocytaire et d’histamine, elle va souffrir le martyre parce que vous aurez un gonflement lié à l’histamine que vous aurez augmenté.

 

Donc attention : diagnostic, connaissance de la pathogénie, sinon vous commettrez des erreurs.

Et on n pas le droit, même si c’est 10 % d’erreur, on n’ pas le droit de faire 10 % d’erreur chez ces patients. C’est pas possible.

 

Les tests respiratoires

Hisham : Tout à fait. Donc, au niveau des tests respiratoires pour savoir

Quel type de dysbiose on est susceptible de développer, alors premièrement qu’est-ce qu’on recherche dans ces test respiratoires ?

Et deuxièmement, une fois qu’on les a fait, qu’est-ce qu’ils nous disent ?

Et est-ce que ils sont en relation avec les tests que l’on peut trouver pour ce qu’on appelle le Sibo ? Est-ce que c’est en relation avec ce qu’on appelle le small intestinal bacterial overgrow, c’est-à-dire le développement de bactéries plus importantes, une pullulation bactérienne au niveau du grêle ? Est-ce que c’est en relation ?

 

Bruno : et bien, donc on va mesurer grâce à des petits appareils de plus en plus performants certains gaz.

Donc, on a deux types d’appareils disponibles de première génération qui vont mesurer l’hydrogène, l’hydrogène sulfureux, le monoxyde d’azote et les composés organiques volatiles.

On ne s’intéresse pratiquement pas au méthane qui a très peu d’intérêt.

Donc on va donner beaucoup d’intérêt à l’hydrogène, l’hydrogène sulfureux, composé organique volatile.

 

Ceux-là vont vous dire :

  • Vous avez une pullulation au sucre, c’est un SIBO (small small intestinal bacterial overgrowth).
  • Ou ça va être de l’hydrogène sulfureux, c’est une putréfaction
  • Ou vous avez des composés organiques volatille, c’est-à-dire que vous fermentez les sucres et vous produisez du vinaigre, du propionate, donc vous ferez des problèmes cutanés articulaires ou vous faites du butyrate et vous ferez un syndrome métabolique
  • Ou alors vous avez une cétose, donc vous consommez bien vos graisses à jeun, et finalement vous aurez pas de syndrome métabolique

 

Donc ça, c’est je dirais un test qui est très simple à faire.

Beaucoup de gens sont déjà équipés. L’hôpital fait pas les composés organiques volatiles, mais je pense que c’est quelque chose qui est tout à fait envisageable à brève échéance.

 

Et vous avez des appareils encore plus perfectionnés, où on va cette fois-ci mesurer les acides gras un par un.

Donc acide propionique, acétique, voire acétoacétique, butyrique, hydroxybuyrate, valérate.

 

Et on est en train même d’aller vers des petits acides gras qui indiquent une perméabilité et donc des risques de tumeurs, de trouble du rythme cardiaque, de neuro-dégénérescence. Donc on est en train d’aller vers une grande précision grâce à ces appareils.

 

Et donc il est existe en effet un lien avec la dysbiose soit en excès, soit en carence et ça va vous indiquer si elle est présente :

  • Vers l’excès de flore
  • Vers l’agression de la muqueuse
  • Vers la carence de flore.

Donc on va assez loin vers le diagnostic déjà avec ces appareils.

 

Alternatives thérapeutiques

Hisham : d’accord. Et une fois qu’on a fait le diagnostic, quand on a un excès donc de tel ou tel gaz, ça nous donne donc une alternative thérapeutique pour pouvoir ..

Interrogatoire

Bruno : On peut enclencher la démarche intellectuelle.

A)  Terrain immunitaire : atteinte virale ?

Virus — Wikipédia

On a, avec l’interrogatoire, une idée sur le terrain immunitaire :

  • Y a-t-il beaucoup de virus
  • Y a-t-il de l’herpès
  • Y a-t-il une maladie parodontale qui est rattachée aux herpès virus
  • Y a-t-il eu des covid sévères
  • Il y a-t-il eu un zona
  • Des papillomavirus

Bref, on a un tableau qui évoque une atteinte virale.

B)  Atteinte du système nerveux ?

  • Deuxième étape : il y a une dysbiose, peut-être une mauvaise vidange avec une atteinte du nerf vague

Le Nerf Vague et sa Relation avec le Fascia : La Myofascialogie,

 

C)  Système digestif

  • Et enfin on se dit : est-ce lié à une flore riche ou une flore pauvre

Microbiote : surprise, il est omnivore !

Et on a nos renseignements avec le test respiratoire.

Donc, tout ça conjugué, vous vous dites, c’est soit :

  • La prise de toxique, d’alcool
  • De certains médicaments
  • Ou ce sont les virus qui ont touché l’immunité et les nerfs
  • La flore est pauvre :
    • Le repas n’était pas adapté
    • Ou alors il y a eu prise d’antibiotiques, d’huile essentielle, on a désinfecté à l’argent colloidal, au propolis, il ne reste plus rien

 

Et donc, vous avez une cause et une stratégie qui émerge :

  • Enrichir la flore et la muqueuse
  • Baisser les toxiques
  • Lutter contre les virus

 

Et là, vous dessinez votre proposition thérapeutique sur les trois volets.

Hisham : d’accord.

Bruno : ça devient relative simple avec une petite gymnastique intellectuelle qui n’est pas trop complexe. Finalement c’est trois trois volets, seulement trois volets.

 

Les phages

Hisham : d’accord. Tant que j’y pense à la question on parle beaucoup des phages en ce moment, pour pouvoir aider effectivement donc à rééquilibrer ou à se débarrasser des mauvaises bactéries, puisque apparemment les phages sont des virus qui ont la capacité d’aller chercher des mauvaises bactéries, certaines mauvaises bactéries, et les détruire, pour permettre aux bonnes bactéries de se développer. J’aimerais beaucoup avoir votre avis là-dessus.

 

Bruno : moi, je suis très impressionné par la force des phages pour réguler une flore. Elle a donc ces phages ont la possibilité de détruire totalement une flore, mais ils ont la possibilité d’être aussi en phase quiescente. Donc, ils peuvent respecter la flore.

Donc en fait ce sont des régulateurs.

Ils sont présents lorsqu’il y a une petite quantité, ils ne sont pas destructeurs ils deviennent lisogéniques, c’est-à-dire destructeurs quand il y a

Un excès. Donc vous pouvez avoir une modulation. Ça c’est le premier point. Et ça c’est extrêmement astucieux, ça dépend de l’immunité.

Donc si vous avez une immunité antivirale forte, vous aurez peu d’actions néfastes des phases.

Deuxième volet : c’est dans la bouche qu’il y a le plus de phages. Vous avez les milieux marins et la bouche des êtres humains.

Et ensuite le nombre de phages décroit énormément, il y en a plus au niveau des selles. Et en fait ce qui compterait c’est pas une greffe fécale c’est une greffe de salive. Ce qui compte pour enrichir une flore, c’est une flore riche au niveau buccal, et c’est elle qui va protéger tout ce qui est sous-jacent.

Donc, la richesse de la flore buccale contient énormément de phages et va donc protéger.

 

Enfin, les phages sont très nombreux dans les légumes, parce que les légumes se protègent contre les bactéries, sinon ils pourrissent. C’est normal ils ont les pieds dans le fumier, ils sont en contact direct avec des bactéries de putréfaction. Le fumier, c’est une finalement, un milieu qui est un milieu de pourriture important.

Donc, ils doivent se défendre de façon majeure et le phage est présent autour des racines des légumes. Ce qui fait que vous trouverez des bactéries des mycélias et des phages dans les légumes, d’où l’importance d’apporter cette richesse.

 

Si vous n’avez pas un équilibre entre champignons – bactéries – phages vous n’irez nulle part. Ce n’est pas en donnant des bactéries seules que vous rééquilibrez une flore, c’est une illusion. Ça n’a aucun sens une bactérie seule ne peut rien. Seul un biofilm est stable et protège.

Donc vous devez implanter un biofilm qui résiste. Ce biofilm va être sur un substrat qui le protège. Ce substrat sont les fibres végétales qui forment une coque protectrice.

À l’intérieur vous avez des champignons, des bactéries, des phages. Et les bactéries extérieures de la pourriture ne peuvent pas rentrer. Donc vous donnez cette nourriture et ça va permettre une implantation dans les muqueuses buccales, gastrique et duodénale.

Une bactérie seule ne peut rien. Surtout desséchée. Vous devez donner un produit vivant.

 

La viande

Hisham. C’est ça. Et on a beaucoup parlé donc des des légumineuses, enfin des des légumes et bio et cetera qu’en est-il de la viande ?

Est-ce qu’il faut en manger ou pas ?

Ou est-ce qu’il faut éviter ? Parce qu’on entend ici et là que la viande, il ne faut pas trop en manger, il faut éviter, que ça pourrait être délétaire donc à certains types de cancer ou de choses comme ça.

Enfin on entend pas mal de choses …

 

Bruno : alors il y a des choses qui sont assez bien démontrées :

Manger plus de deux fois par semaine de la viande rouge, c’est mauvais pour la santé :

  • Ça augmente les cancers du colon,
  • Ça augmente la putréfaction. C’est très clair. Donc ça c’est la viande rouge, c’est la viande de mammifère.
  • La viande de mammifère contient des protéines inflammatoires qu’on appelle des SIGLEC et qui vont augmenter l’inflammation articulaire cutanée, et vous aurez en effet plus de maladies inflammatoires si vous consommez beaucoup de produits à base de mammifère, que ce soit des laitages de la viande. Donc, dès qu’on a une maladie inflammatoire on baisse.
  • La viande contient beaucoup d’acides aminés, des glutamines en particulier qui sont protumorales, donc on commence à comprendre le mécanisme. Il faut baisser la glutamine pour baisser le risque tumoral. Donc on va baisser la viande de mammifère c’est certain.

En revanche, il faut éviter d’être carencé en acides aminés et en protéines, parce que nous sommes faits de chair et d’os, et la chair et l’os des protéines. Donc on évite ces carences. On va donc recommander la prise d’œuf, un peu de fromage, du poisson, parce que ça apporte en plus des oméga 3.

Et pour ceux qui en ont besoin et bien de la volaille. Là on est sur des viandes peu inflammatoires. On a en plus la baisse des SIGLEC, peu de graisse, il y a peu de graisse dans la volaille. Donc on est vraiment tout à fait dans la considération aussi bien protection vasculaire, que protection inflammatoire et la baisse de risque tumoral dans le colon.

(Tous les mammifères possèdent des récepteurs appelés siglec qui diminuent les réactions inflammatoires aux germes commensaux (courants et peu agressifs). Les siglec humains ont mutés il y a 100 000 ans. Ainsi, les humains réagissent moins violemment aux germes courants et les nouveau-nés présentent moins de septicémies aux streptocoques. En consommant de la viande de mammifères, qui contient des récepteurs siglec moins inhibiteurs, on s’expose à l’apparition d’un statut inflammatoire chronique plus élevé car les siglec des mammifères se fixent sur nos membranes et interfèrent avec nos propres récepteurs. Il est donc conseillé de consommer des protéines de volailles et de poissons.)

Si on veut rajouter la cerise sur le gâteau, qui est pour moi une grande cerise, c’est quand même le volet écologique. On sait que la viande de mammifère consomme énormément de ressources, produit beaucoup de méthane. Et là, aidons la planète. Donc baissons des protéines de mammifère. Il vaut mieux s’orienter vers les œufs, le poisson, le petit poisson.

 

Donc c’est pour ça que on essaie d’obtenir ce côté anti-inflammatoire tout en respectant l’apport protéique indispensable, les protéines végétales.

C’est souvent malheureusement dans les fodmaps. Ça va beaucoup ballonner chez les gens qui absorbent peu les sucres.

Et on va les consommer avec modération, parce que :

  • Il y a des facteurs anti-protéases qui vont bloquer l’absorption des protéines végétales, voire même animales.
  • Il y a des mycotoxines qui peuvent rendre les produits dangereux.
  • On ne prend donc jamais de produit qui n »est pas été nettoyé avant.
  • Donc il faut voir le produit et il faut le blanchir.
  • On va pas prendre de lait végétaux par exemple.
  • On va pas prendre de broyat de de pois.
  • On va blanchir les lentilles, blanchir les haricots, et en manger avec modération ce qui veut dire 50-80 grammes deux fois par semaine.

 

Hisham : ok vous parlez des des oméga 3 tout à l’heure. Je vous ai écouté donc lors d’une de vos vidéos, et vous disiez que la prise d’oméga 3 en tant que telle n’était pas forcément efficiente et que vous préconisez plutôt la prise alimentaire. Alors du coup comment faire pour avoir un bon taux d’oméga 3 ?

Et donc vous parlez plutôt de DHA : éclaircissez-nous un petit peu tout ça, s’il vous plaît.

 

Bruno : il y a deux publications qui ont eu un retentissement assez important qui ont clairement démontré que la prise d’oméga 3 en gélule favorisait les arythmies et les accidents vasculaires cérébraux. (Etude)

Donc, désormais, on ne prescrit plus d’oméga 3 en gélules que ce soit des oméga 3 de poisson ou des oméga-3 végétaux.

Donc on va favoriser les oméga-3 alimentaires. C’est l’effet matrice, c’est-à-dire que quand vous avez un support de fibres, vous avez une absorption modérée et tempérée de ce que vous prenez, vous n’avez pas de pic et ça n’est pas dangereux.

En revanche si vous prenez des compléments alimentaires vous avez des pics et ça peut être dangereux.

L’objectif c’est la matrice, la fibre. Donc vous allez :

– manger du poisson, ça c’est bien, deux fois par semaine.

– vous allez consommer de l’huile végétale (alors l’olive ne’n contient pas d’oméga 3) mais l’huile de colza c’est bien, et puis l’huile de cameline, c’est encore mieux.

Huile Vierge de Cameline

Donc vous pouvez ajouter des huiles riches en oméga 3 dans vos mélanges, que vous conserverez bien sûr dans des petites bouteille plutôt au réfrigérateur, parce que ça s’oxyde beaucoup.

Et là vous aurez avec une cuillère à soupe tous les jours votre rapport en oméga 3, ça sera largement suffisant.

Le jeûne intermittent

 

Hisham : d’accord. Que pensez-vous du jeune intermittent. Vous avez parlé aussi de la de l’autophagie, c’est-à-dire le fait que l’organisme de lui-même peut se se réguler et que les mauvaises cellules on va dire ou que les cellules qui risquent de devenir mauvaises peuvent s’auto-détruire et ceci grâce aussi au jeûne intermittent. Qu’est-ce que vous pensez du jeûne intermittent ?

 

Bruno : Le jeûne intermittent, c’est une excellente méthode pour maintenir une flore diversifiéem et diminuer la graisse viscérale.

Donc le jeûne intermittent, c’est en fait un jeûne qui va permettre d’aller jusqu’à la cétose, c’est-à-dire de consommer ses graisses.

Jeûne Intermittent / Fasting - www.naturopathelisleadam.fr

Donc, chez certains 12h suffisent, chez d’autres il faut 16h. Donc on va consommer ces graisses on va passer à la cétose c’est-à-dire au nettoyage. Les cellules sont condamnées à manger les graisses qu’elles ont accumulé. C’est excellent, puisque ces graisses vont favoriser un effet inflammatoire, et puis sont le résultat de ce qu’on appelle l’effet Warburg, c’est-à-dire du coupage des sucres en grosses molécules c’est-à-dire en graisse.

Et ces molécules sont utilisées par des cellules tumorales.

Donc l’effet Warbug non seulement vous apporte plus d’énergie : c’est 16 ATP même pas. Dans la plupart des cas c’est que 6 ATP par molécule de glucose. Donc peu d’énergie et un risque tumoral puisque les cellules tumorales consomment ces acides gras pour leur division.

Donc vous consommez ces acides gras, vous les découper en 16 ATP, puis en 36.

Donc vous avez une cétose qui vous donne de l’énergie et quand on jeûne on s’aperçoit qu’on a en effet pas mal d’énergie. Et on est surpris de cette capacité à résister au jeûne. On n’a pas faim et on baisse bien sûr sa graisse.

Donc ça c’est un effet à la fois préventif de l’inflammation, anti-tumoral effectif et lutte contre le syndrome métabolique.

Donc je suis très favorable au jeûne intermittent.

 

On peut vérifier son efficacité avec le test respiratoire puisque vous avez des acides des composés organiques volatiles qui montent très haut quand vous êtes en jeûne. Vous avez une cétose qui se mesure vous pouvez concrétiser.

Vous avez des personnes chez qui ce n’est pas suffisant. Elles sont en syndrome métabolique, elles ont plein de liquidees dans l’intestin et il faut plus de 24 heures commencer à avoir un effet de jeûne.

Donc là on ne va bien sûr pas aller faire jeûner 24 heures sur 24. On va maintenir le jeûne intermittence sans plus. Mais on va essayer d’accélérer le transit et d’augmenter l’activité physique.

Et si ça ne fonctionne pas avec un peu d’activité physique et l’augmentation du transit, on va passer à des médicaments. Ce sont les agonistes GLP-1, qui vont lever le frein et vider l’intestin. Et là on a à nouveau le jeûne intermittent qui fonctionne avec des cétoses qui apparaissent.

Et ça c’est le test respiratoire qui nous le dit, et qui nous dit guide dans notre stratégie thérapeutique.

On n’est en aucun cas dangereux, on maîtrise totalement le jeûne et on maîtrise l’effort physique.

Et on peut comme ça faire maigrir les personnes, faire baisser la graisse du foie du pancréas et le diabète de type 2.

 

Le meilleur moment du jeûne

Hisham : est-ce que le jeûne intermittent est plutôt préconisé le soir ou est-ce que on peut faire le matin, ça pose pas de problème ?

Bruno : on peut faire le matin ça dépend vraiment de ce que souhaite la personne. La plupart des personnes disent : « moi, ça me dérange pas de ne pas petit-déjeuner, en revanche je peux pas le soir. » Donc, on s’adapte, il n’y a pas de norme stricte.

 

Micronutrition et micronutriments importants : risques de carence

 

Hisham : j’aimerais qu’on parle maintenant un petit peu des micronutriments, parce que nous en officine, on s’occupe pas mal de la micronutrition et des

Micronutriments. Et j’aimerais savoir, selon vous, quels sont les micronutriments qui sont intéressants pour la muqueuse intestinale ou pour le microbiote intestinal en général ?

Bruno : je pense qu’il faut être très attentif, mais là ça va être des grands classiques.

 

Vitamines et oligo-éléments

 

Il faut être très attentif aux carences induites par par la dysbiose ou le découpage ce qu’on appelle la déconjugaison des sels biliaires qui empêche l’absorption des vitamines.

Donc la vitamine D fondamentale,  la vitamine A fondamentale, les vitamines B9 B12 à mesurer et à compenser fondamental. On peut mesurer le zinc et l’iode qui sont là au niveau du duodénum qui sont également des fondamentaux.

Donc on a tout un tas de mesures que l’on va faire je dirais presque en route dans les dysbioses, les malabsorptions sur les vitamines. Et là on compense toutes les carences.

Donc, comme je vous ai dit :

  • Iode,
  • Zinc,
  • Vitamine B9 – B12,
  • Vitamine D,
  • Vitamine A.

Donc ça c’est important.

 

Acides gras

Si vous avez des problèmes d’équilibre de d’acide gras, il faut chercher plutôt à  compenser non pas par des compléments, mais par des huiles alimentaire.

What Is Olive Oil? Nutrition, Benefits, Beauty Uses, and More

Epaisseur de la flore – muqueuse

Ensuite vous pouvez avoir des tentatives de récupération d’épaisseur de la flore.

Donc, moi j’aime bien les mycélia, j’aime bien les champignons.

Mycélium & Architecture - Ghara Formation

Vous avez un champignon qui aide à bien récupérer : c’est le hericium erinacus. Les publications sont claires : ça augmente l’épaisseur des muqueuses gastriques et jéjunal. C’est vraiment un bon produit pour récupérer.

 

Hericium Erinaceus | Propriétés et bienfaits du champignon médicinal

Vous avez un deuxième qui est la pleurote ostreatus.

Pleurotus Ostreatus (Pleurote)

moi je l’associe à la pleurote de l’orme, et qui elle est réputée par plusieurs études, pour récupérer la la muqueuse de la fin du grêle et du colon.

Donc, on a un effet anti-inflammatoire et une baisse de la perméabilité par les pleurotes.

 

Polyphénols

On peut utiliser des produits riches en polyphénol.

Les polyphénols aident à désinflammer, donc c’est ce sont des des produits qui vont en plus aider un effet antiviral par un effet inhibiteur PDL-1 qui est un un inhibiteur de l’immunité. Donc on inhibe l’inhibiteur et on récupère l’immunité.

Insight into the potential application of polyphenol-rich dietary intervention in degenerative disease management - Food & Function (RSC Publishing)

Donc les polyphénols sont très utiles dès qu’on a une baisse immunitaire associée.

Donc là vous avez le thym, le romarin, vous pouvez avoir des produits à base d’extrait de cassis ou autres produits riches en polyphénol.

Mixte Thym Laurier Romarin Frais - Pourdebon

Là vous pouvez en tester de toute une gamme différente afin de trouver celui qui est optimal.

Huile d’olive

Hisham : d’accord. Vous avez parlé des huile. Je ne résiste pas au plaisir de vous poser la question : que pensez-vous de l’huile d’olive. Etant étant originaire du Maroc 🙂

L'huile d'olive devient un luxe au Maroc

Bruno : Là autant que vous voulez l’huile d’olive allez-y c’est même un aliment je dirais à lui tout seul. Donc allez-y largement sur l’olive.

Dès que vous voulez favoriser les régimes cétogènes, vous allez baisser les sucres et vous rajouterez de l’huile. Ça c’est que du bonheur.

 

Comment vous est venue l’idée de la mycothérapie ?

Hisham : Oui, c’est bon ça va ça me rassure merci beaucoup.

Vous avez parlé donc de la mycothérapie qui est un petit peu votre votre cheval de bataille. Et moi ce que j’aimerais savoir c’est : au départ, comment vous est venue l’idée d’associer, parce que vous êtes quand même un précurseur à ce niveau-là, d’associer la mycothérapie et la dysbiose intestinale ?

Est-ce que c’est la recherche ?

Qu’est-ce qui a fait le déclencheur ?

Bruno : En fait, le déclic est venu de deux choses.

 

La symbiose plante – champignon

 

1) Une idée générale qui était le plaisir du champignon et la culture du champignon, en me disant le champignon est un organisme essentiel à la culture des plantes. C’est la seule symbiose connue ayant eu un succès dans le monde. On est basé sur cette symbiose et donc on doit pouvoir faire mieux que manger du champignon.

Donc ça c’était l’idée de base : quelle est la symbiose qui marche ?

2) Et en fait la symbiose, c’est la pousse du champignon c’est filament sur des fibres et en l’occurrence sur des écorces. L’écorce contient des polyphénols et des fibres et donc c’est la symbiose qui est bactérie-mycelium qui fait qu’un jardin pousse.

Donc c’est cette idée de la culture, et je me suis dit toute façon nous ne sommes qu’un jardin intérieur. Et notre flore doit être diversifiée, contenir du champignon

Sinon, ça ne peut pas marcher. Et ça s’est révélé juste si vous voulez une flore riche, il faut des fibres du champignon, des bactéries. Jour après jour, ça se vérifie. C’est vrai pour les plantes, c’est vrai pour nous. On n’est pas comme ça des êtres supérieurs venus de nulle part. On est issu de la terre et on a besoin de légumes et de champignons sinon on est mort.

Donc ça c’est la la première chose.

 

Les études cliniques du Coriolus dans le cancer

 

Source : Pubmed

Etude publiée par le Dr. Donatini

Source 

2) La deuxième, c’est de lire un jour dans le Lancet une publication qui dit le Coriolus diminue la mortalité par cancer du colon.

Le Coriolus, c’est un champignon. Ça alors dans la période où je m’intéressais aux champignons, dans l’année cette publication me saute yeux.

Je me dis : non seulement, ça change le biote, mais ça change l’immunité, c’est un effet clinique. C’est publié dans Le Lancet. Le Lancet c’est la revue du clinicien.

Donc je me dis : là, je continue. Je continue, et ça s’est vérifié.

Le Coriolus baisse les cancers induits par papillomavirus : c’est publié avec AMM.

Il a fallu 30 ans, 28. Mais c’est là.

De toute façon. La nature se moque du temps l’éternité la vérité elle est là, on va pas la changer.

 

Donc, ces deux éléments là font que je persévère sur ce chemin de l’amélioration du biote par des champignons alimentaires avec des petites doses en répété. On n’est pas dans le toxique. On modifie doucement, et ça s’améliore tranquille. Mais on en manque. On ne mange plus de champignons. On ne mange plus de fibres.

 

C’est l’appauvrissement complet. C’est la perte de la diversité dans nos ventres, dans

Nos assiettes, sur la planète. C’est tout.

Donc ça, ça va nous entraîner du syndrome métabolique, plus de tumeurs, plus de neurodégénérescence, plus d’inflammation, cet appauvrissement.

Donc on doit améliorer ça. Et c’est pas compliqué. Déjà en prendre connaissance. Apprendre à faire le diagnostic. Et se dire je fais quoi : c’est du virus ,c’est de l’immunité, c’est du biote ou c’est la carence d’utilisation de notre système nerveux autonome.

En plus, c’est thérapeutique, c’est élégant.

On peut vraiment aider les personnes à comprendre comment ça marche, et à palier au vrai problème.

On segmente plutôt que d’essayer d’arroser avec des dizaines de compléments dont certains sont inutiles et d’autres dangereux.

Et vous n’amplifierez pas la diversité, parce que un complément c’est stérile.

 

Les champignons : sous quelle forme ?

 

Hisham : tout à fait du coup. Quand vous parlez donc de de mycothérapie, et vous parlez donc de champignons à petite dose est-ce que vous sous-entendez qu’on prend des des champignons comme on fait à la maison ou est-ce que c’est c’est des

Compléments dosés ?

 

Bruno : Alors vous avez plein de possibilités. Vous avez la première possibilité qui est de d’avoir des champignons. Mais c’est pas logique faudra en manger un peu tous les jours et c’est pas dans l’air du temps

 

Et il faut les trouver. Vous allez trouver des champignons qui ne sont pas très utiles : les champignons de Paris, ça n’apporte pas grand-chose. Le shiitaké est à éviter. Les girolles, ça n’aide pas beaucoup, les cèpes non plus.

 

Vous allez avoir la pleurote. La pleurote c’est bien. Vous pouvez en trouver, ça peut enrichir un peu votre flore, mais il faut manger avec le pied de la pleurote, c’est ce qui est dur c’est ce qui contient un peu de myélium. Donc vraiment manger le pied.

 

Il faudra en manger tous les jours, vous imaginez à la fin vous en pouvez plus.

 

Le Coriolus vous le trouverez pas, le hericium non plus, la plupart des champignons ligneux vous ne les trouverez pas, donc il faudra qu’il soit les cultiver.

 

Eet comme je vous ai dit l’idéal c’est de trouver des champignons bio cultivés avec des fibres sur des écorces. Vous n’en trouverez pas beaucoup de bonne qualité. C’est difficile à cultiver par soi-même. Donc vous serez obligé d’avoir recours à des compléments ou des poudres alimentaires qui seront faites pour vous.

 

L’intérêt c’est qu’elles sont pas coûteuses, qu’elles sont pas dangereuses et qu’on en prend des toutes petites doses.

 

Ça peut être 4 mois 6 mois. Puis on vérifie la qualité de la flore.

 

Hisham : avec les tests respiratoires

 

Bruno : tout à fait. Ou alors comme vous dit l’amélioration des signes cliniques

Parce qu’on est quand même un peu des cliniciens qui observons et qui écoutons les patients. Et on nous dit que les doléances sont moins fortes. Vous avez au moins vu le bénéfice.

 

Crohn

 

Hisham : d’accord. Vous avez vous êtes vous faites des recherches sur la relation entre la thérapie ou du moins ce qu’elle peut amener pour les patients atteints de maladies de Crohn.

Où est-ce qu’on en est de ce côté-là ?

Maladie de Crohn | Hôpital privé Dijon Bourgogne

Bruno : Alors le Crohn, c’est une dysbiose. Il n’y a plus de discussion possible.

Ce n’est pas une maladie autoimmune au sens classique du terme : il y a pas des anticorps, il y a pas des cellules spécifiques anti-intestin.

C’est une dysbiose c’est une flore particulièrement pauvre.

Et en général, on attribue à des mycobactéries ou des campylobacters, éventuellement un troisème laron, mais ce sont des bactéries qui sont très inflammatoires et qui détruisent les flores concurrentes.

Il y a eu des publications cette année sur l’intérêt des fibres. Tiens ! Des fibres qui

Permettent la réimplantation de flore dans le Crohn, là où la greffe fécale échoue lamentablement.

J’ai publié il y a 10 ans un article qui a montré l’effet des fibres avec des microdoses d’huile essentielle dirigées contre mycobactérium avium.

J’ai maintenant des cas très très nombreux qui confirment cette efficacité. Je ne vais pas republier c’est une évidence.

Donc les fibres essentielles des microdoses d’huile essentiel qui permettent d’augmenter la diversité en diminuant la présence d’une bactérie néfaste.

Ça confirme totalement la théorie qui est : certains microbiotes sont néfastes, soit par leur appauvrissement sur les autres, soit par leur destruction de muqueuse.

Le Crohn, c’est l’illustration de la théorie, l’illustration parfaite.

 

Comment préserver la diversité de la flore dans cette époque où le microbiote se meurt petit à petit

 

Hisham : d’accord. On sait que la que la la diversité bactérienne, notre microbiote se meurt petit à petit malheureusement : théorie hygiéniste, enfin il y a beaucoup beaucoup de raisons : pollution et autres…

Et donc, quels sont vos conseils à vous, docteur Donatini,pour nous,  pour pouvoir effectivement faire en sorte de garder un microbiote sain et et de compétition si possible ?

 

Bruno : on a le volet un peu utopiste. On va commencer par ça en sachant que j’irai rapidement sur l’autre.

 

  • L’utopie, c’est avoir un petit jardin, cultiver des légumes. Diversifier, voire des des formes de légumes un peu anciens, recultiver par exemple une forme d’épinard qui s’appelle la roche, cultiver des blettes avoir un coin avec des

Ortilles, et donc consommer, faire des soupes avec ça et consommer des des produits séchés. Ça c’est le côté utopique. Mais ceux qui peuvent le faire franchement faites-le. Avoir un coin avec sa betterave rouge que l’on va blanchir, une carotte, un céleri rave. Tout ça vous allez avoir une diversité.

Manger des légumes bio

Volet plus réaliste : nous sommes des citadins soit présent soit futur. Il y aura de plus en plus de citadins qui n’auront pas de jardin et qui devront enrichir leur flore. Vous devez trouver des légumes bio. C’est déjà utopique ça, parce qu’il ne peut pas en avoir pour tout le monde.

A priori c’est pour 10 % des gens. Mais faites partie de ces 10 %. Essayez de trouver un producteur bio qui vous fera des blettes, des anciens épinards, qui vous donnera des bonnes carottes, de la betterave rouge et vous pourrez vous faire un enrichissement au moins deux fois – trois fois par semaine.

Evitez les décontaminations avec propolis, huile essentielle et cetera.

Donc si vous avez des bons légumes, vous aurez une bonne santé.

Et puis si vous avez des troubles digestifs, eh bien, essayez de faire doser les gaz par un spécialiste. Il y en a de plus en plus.

Et voir quel est le problème.

Il vous guidera dans la rééquilibre de votre flore ça c’est important.

On a parlé très longuement de l’inflammation chronique, que l’on voit en bouche.

  • Donc il faut avoir une hygiène buccale très importante un peu d’eau oxygénée, un bon brossage, voir des microdoses d’huiles essentielles.
  • Et puis on a parlé de la motricité des vidanges. Ça c’est l’activité physique, le déstress lié au sport.
  • Donc, il faut penser à ce volet d’hygiène pour la bouche, mais aussi pour le nerf vague. Donc vous devez vous accorder du temps du temps pour nettoyer votre bouche, du temps pour vider votre estomac, pour marcher et déstresser. Parce que donner un bon biote, ce n’est pas suffisant si vous avez pas les autres volets.
  • Il ne faut pas de virus, il ne faut pas d’atteinte, pas d’inflammation chronique.

Là actuellement je travaille sur ce dosage de la caleprotectine salivaire qui est vraiment un test fantastique, qu’on fait en ambulatoire et qui vous permet de quantifier l’inflammation qui détruit les muqueuses, l’os et probablement les neurones, parce que c’est là que tout commence.

La maladie parodontale est associée à l’atteinte osseuse, à l’ostéoporose, à la neurodégénérescence, au cancer du colon.

La publication récente montre que 50 % des cancers digestifs sont rattachés avec une bactérie buccale fusobactéium nucléatum.

  • Donc, enrichir sa flore, c’est bien.
  • Nettoyer sa bouche en plus, c’est mieux.
  • Et vérifier que ça se vide, et que la flore est bonne, c’est l’avenir.

Et l’avenir passera par ce dosage de calprotectine salivaire qui prouvera que vous avez accompli votre tâche, qu’il y a pas de perméabilité, pas d’inflammation pas de globule blanc sous la muqueuse qui vous détruisent, parce que sous la muqueuse c’est vous, ce n ‘est plus de la flore c’est vous. Mais ce qui vous a protégé, c’était justement le biofilm, la barrière ce n’est pas nous, c’est les légumes.

Donc, la barrière, c’est des légumes collés sur la muqueuse, et nous en dessous c’est les neutrophiles. S’ils ne marchent pas c’est votre biote a fait son travail.

Donc on aura une preuve simple : il suffira de cracher un peu, vous aurez une plaquette, on vous dira vous avez une calprotectine ou pas. Ca, c’est sympathique comme à venir et c’est simple et pas coûteux.

 

Hisham : c’est vrai. Écoutez je me doutais que cette cette interview serait intéressante. Ça a été au-delà de mes espérances, vraiment. Et je vais le faire écouter à ma femme pour lui montrer donc tout tout ce qu’elle doit faire attention pour notre microbiote commun on va dire.

Docteur Bruno Donatini, je vous remercie infiniment pour pour cette interview.

Bruno : Merci pour cette interaction très très passionnante avec les fibres et le sujet.

Je vous remercie et à bientôt. Au revoir.

 

 

 

 

Annexe : Etude sur les omega 3 en gélule :

 

Source

ORLANDO (Floride), 17 novembre (APM-Reuters) – Les patients à haut risque d’arythmie ventriculaire ne devraient pas recevoir de traitement par acides gras polyinsaturés oméga-3, ceux-ci semblant augmenter leur risque de nouvelle arythmie, met en évidence une étude américaine qui a été présentée la semaine dernière au congrès de l’American Heart Association (AHA) à Orlando.

 

De manière globale, les oméga-3 présents dans les huiles de poissons ont montré un bénéfice dans les maladies cardiovasculaires, notamment chez les coronariens.

Mais leur mode d’action reste mal défini. Il n’était pas clair jusqu’à présent si leur bénéfice venait d’un effet sur l’athérosclérose ou d’un effet anti-arythmique.

Pour vérifier la seconde hypothèse, Merritt Raitt et ses collègues de l’université de l’Oregon à Portland ont conduit une étude sur 200 patients porteurs de défibrillateurs, l’appareil étant implanté en raison d’antécédents de tachycardie ou fibrillation ventriculaire.

Ils ont traité la moitié par acides gras oméga-3 (des capsules d’huile de poisson) et l’autre moitié par un placebo (des capsules d’huile d’olive) durant 2 ans et la survenue d’arythmies a été enregistrée par le défibrillateur, ce qui a permis une comparaison de la fréquence de survenue de ces complications dans les deux groupes.

Les chercheurs ont mis en évidence une tendance à l’augmentation du nombre de tachycardies ou fibrillations ventriculaires chez les patients traités par acides gras oméga-3. La tendance était non significative sur l’ensemble du groupe mais devenait significative dans le sous-groupe de patients inclus après une tachycardie. De plus, elle était constante sur toute la période de suivi.

A 6 mois, 47% des patients traités contre 36% des contrôles avaient eu une arythmie. Ces fréquences étaient respectivement de 51% contre 41% à 1 an et 66% contre 60% à 2 ans.

Il y avait également une tendance à une corrélation entre la quantité d’acides gras oméga-3 dans les membranes des cellules des patients et le risque arythmique, ce qui renforce l’hypothèse d’une relation de cause à effet.

Cette étude va donc à l’encontre de l’idée que les acides gras oméga-3 auraient un effet anti-arythmique, au moins chez les patients à haut risque d’arythmie ventriculaire, et va même dans le sens inverse en suggérant fortement une augmentation du risque.

Il semble donc plus probable que la principale action de ce traitement concerne un effet sur l’athérosclérose. Une hypothèse que vient conforter une autre étude présentée à Orlando.

Une équipe de la Tufts University à Boston a étudié chez des femmes diabétiques coronariennes la relation entre la consommation de poissons et l’évolution de l’athérosclérose coronaire mesurée par angiographie.

Arja Erkkila et ses collègues montrent que celles qui consommaient le plus de poissons, et plus précisément de poissons riches en oméga-3 (saumon, maquereau, thon…), ont présenté une progression de l’athérosclérose qui était significativement moindre.

Cet effet bénéfique n’était en revanche pas observé chez les femmes coronariennes non diabétiques.