Résumé de la webconférence avec le Dr Bruno Donatini
Cette webconférence très intéressante aborde un thème central mais encore trop peu exploré : le rôle du nerf vague, véritable carrefour entre nos systèmes digestif, immunitaire, nerveux et même émotionnel.

Cette soirée a été animée par le Dr Bruno Donatini, gastro-entérologue, cancérologue, mycothérapeute, et l’un des pionniers de la médecine fonctionnelle intégrative en France.
Voici un article pour revivre les grands enseignements de cette soirée, où rigueur scientifique et pratiques naturopathiques se sont donné la main pour éclairer ce que beaucoup appellent aujourd’hui « le nerf de la guérison ».
Un peu d’anatomie pour commencer
Le système nerveux autonome se divise en trois branches : le système sympathique (lié au stress), le parasympathique (auquel appartient le nerf vague), et le système entérique, véritable “cerveau de l’intestin”.
Le nerf vague (ou “vagal”) est un grand nerf crânien qui innerve pratiquement tous les organes : cœur, foie, intestins, poumons, thyroïde… Il assure la motricité viscérale, les sécrétions digestives, mais surtout la transmission d’informations depuis les organes vers le cerveau. À lui seul, il transporte 80 % de l’information sensorielle de notre corps profond vers notre système nerveux central.
Hypertonie ou hypotonie vagale : deux visages d’un déséquilibre
Le Dr Donatini nous a exposé deux grands tableaux cliniques liés au dysfonctionnement du nerf vague :
1. L’hypertonie vagale (surcharge nerveuse) :
Souvent liée à un terrain de stress chronique, elle est marquée par :
-
une suracidité gastrique,
-
un spasme digestif,
-
une inflammation chronique,
-
une accumulation de graisses viscérales (foie, pancréas),
-
une augmentation des triglycérides, du cholestérol et de la glycémie : c’est le syndrome métabolique.
2. L’hypotonie vagale (affaiblissement nerveux) :
Souvent induite par des infections, intoxications, ou maladies auto-immunes, elle entraîne :
-
une vidange digestive inefficace,
-
un reflux de l’intestin grêle vers l’estomac,
-
une malabsorption nutritionnelle,
-
un épuisement des surrénales,
-
une perméabilité intestinale accrue.
Une interconnexion avec le microbiote
Un message fort a traversé toute la conférence : le nerf vague et la flore intestinale sont intimement liés.
Le monoxyde d’azote (NO), essentiel pour le péristaltisme intestinal, est produit à la fois par les nerfs et par certaines bactéries de la flore. Une flore appauvrie (due à une alimentation déséquilibrée, aux antibiotiques, au stress) entraîne une carence en NO, ce qui favorise les troubles digestifs, les spasmes ou l’atonie.

Diagnostiquer et rééduquer le nerf vague
Parmi les outils évoqués pour évaluer la santé vagale :
-
La variabilité de la fréquence cardiaque (HRV), via des applications comme Kubios HRV ou le test de Ruffier.
-
L’échographie digestive, pour observer la vidange gastrique.
-
La sensibilité du conduit auditif externe, zone innervée par une branche du nerf vague.
Et pour le rééduquer ? Plusieurs voies complémentaires :
-
L’électrostimulation du nerf vague, derrière l’oreille.
-
La respiration diaphragmatique, la cohérence cardiaque, les gargarismes, le humming, le chant, le rire et bien d’autres stratégies à découvrir…
-
La posture, l’occlusion dentaire, l’étirement du diaphragme.
Des solutions naturelles, accessibles et puissantes
La base ? Une hygiène de vie anti-inflammatoire et antivirale :
-
Alimentation : privilégier les légumes verts bio légèrement blanchis, riches en mycelium et en bactéries protectrices.
Éviter les sucres, les métaux lourds (nickel, cuivre), les produits trop stérilisés ou transformés. -
Hygiène bucco-dentaire irréprochable : brossage, brossettes interdentaires, eau oxygénée.
-
Compléments : Coriolus, Phellinus, Hericium, citrulline, vitamine D, magnésium. (à adapter selon le questionnaire et les tests réalisés au cabinet (à Nyon ou à Genève)
-
Gestion du stress : mouvement, respiration, thérapies psychocorporelles.
Un impact jusqu’au cerveau
Le nerf vague joue un rôle central dans la transmission des signaux inflammatoires vers le cerveau. Une muqueuse intestinale altérée permet la remontée de toxines et pathogènes, affectant l’hypothalamus et pouvant favoriser anxiété, dépression, voire maladies neurodégénératives.
Un message d’espoir
Le Dr Donatini nous a rappelé avec passion et précision que le nerf vague est un levier puissant de guérison, et que nous avons de nombreuses clés pour en prendre soin, naturellement et durablement.
En tant que praticiens ou simples citoyens soucieux de leur santé, notre mission est claire : transmettre ces connaissances, accompagner les personnes vers une meilleure autonomie corporelle et émotionnelle, et contribuer à une médecine profondément humaine et intégrative.
