Mieux nourrir et équiper notre système immunitaire (Pr Vincent Castronovo)
Mieux nourrir et équiper notre système immunitaire (Pr Vincent Castronovo)

Mieux nourrir et équiper notre système immunitaire (Pr Vincent Castronovo)

Renforcer Notre Système Immunitaire : Les Clés du Professeur Castronovo

Aujourd’hui, je vais vous résumer une vidéo fascinante sur la manière de renforcer notre système immunitaire, présentée par le professeur Castronovo de l’université de Liège. Vous allez découvrir des conseils pratiques et des informations essentielles pour optimiser vos défenses naturelles. Allons-y !

La Structure de Notre Système Immunitaire

Notre système immunitaire est structuré en trois niveaux :

  1. Les Barrières Physiques : comme la peau et les muqueuses.
  2. L’Immunité Innée : notre première ligne de défense contre les envahisseurs.
  3. L’Immunité Spécifique : une réponse plus sophistiquée et ciblée.

Ces niveaux travaillent ensemble pour protéger notre corps contre les infections et les maladies.

L’Importance de la Barrière Intestinale

Saviez-vous que notre intestin a une surface équivalente à celle d’un court de tennis et se renouvelle toutes les 36 heures ? C’est crucial car 80 % de notre système immunitaire y réside. Maintenir une barrière intestinale saine est essentiel pour éviter que des agents pathogènes ne pénètrent dans notre corps.

L’Impact de l’Alimentation sur Notre Immunité

Notre alimentation moderne, souvent carencée en micronutriments essentiels comme le zinc et la vitamine D, affaiblit nos défenses naturelles. Les statistiques montrent que le cancer coûte à l’Europe l’équivalent de 14 crashs d’Airbus 320 par jour en termes de vies perdues et de coûts économiques. Il est donc vital de revoir nos habitudes alimentaires pour renforcer notre système immunitaire.

Conseils Pratiques pour Optimiser Votre Immunité

Voici quelques conseils pratiques partagés dans la vidéo :

  • Manger lentement et bien mastiquer : cela facilite la digestion et évite que des molécules non digérées n’arrivent au niveau du côlon.
  • Consommer beaucoup de fruits et légumes bio : riches en vitamines, antioxydants et minéraux.
  • Intégrer du poisson gras dans votre alimentation : au moins trois fois par semaine pour bénéficier des acides gras oméga-3.
  • Éviter les huiles riches en oméga-6 et les fritures : privilégiez les huiles de colza et de soja.
  • Vérifier régulièrement vos niveaux de zinc et de vitamine D : des niveaux optimaux sont essentiels pour une bonne réponse immunitaire.

Le Rôle du Curcuma et Autres Solutions Naturelles

Le curcuma est un puissant anti-inflammatoire et agent antitumoral. Bien que non brevetable, ses vertus médicinales sont prouvées et il devrait être intégré plus souvent dans notre alimentation. Les probiotiques, l’exercice physique, la gestion du stress et une bonne hydratation sont également des éléments clés pour maintenir un système immunitaire fort.

En Conclusion

En suivant les conseils du professeur Castronovo, vous pouvez renforcer vos défenses naturelles et vivre une vie plus saine et équilibrée. Prenez soin de votre alimentation, vérifiez vos niveaux de micronutriments, et n’oubliez pas l’importance du bien-être émotionnel pour une immunité optimale. Pour en savoir plus, regardez la vidéo complète et découvrez tous les secrets pour booster votre système immunitaire !

Texte intégral de la vidéo :

 

Voilà, on va maintenant accueillir le professeur qui nous vient de Belgique, de l’université de Liège. Il est déjà venu avec grand plaisir en 2009 et 2012, et on l’a fait revenir parce que c’est, vous le verrez, un orateur incroyable et un puits de connaissances. Donc, tu vas nous parler de comment mieux armer notre système immunitaire. On a vu qu’on pouvait l’aider avec les thérapeutiques, mais est-ce qu’on peut faire quelque chose dans notre quotidien, nos médecins, nos patients, nos entourages, pour aider ?

Bonjour à tous, si heureux de vous voir nombreux. Mais comme vous savez, aujourd’hui c’est la journée du patrimoine et je pense que le centre de ressources et Monsieur Louis font aujourd’hui partie du patrimoine. Dans ce petit personnage, je pense, grand dans ses ambitions, dans ses actions, dans sa générosité, vous devez être fiers à Aix et dans la région d’avoir quelqu’un qui se dévoue tant à cette cause remarquable qu’est la prise en charge des patients. Excuse-moi, tu ne dois pas dépasser la ligne, d’accord ? Ça va être dur pour les caméras.

Oui, comme cela, je peux aller jusque-là et pas plus loin. Ok, d’accord, pour la caméra. Donc, comme l’orateur précédent, Monsieur Barlesi, vous l’a dit, le système immunitaire joue un rôle important et beaucoup de thérapies ciblées sont aujourd’hui basées sur l’utilisation de ces ressources remarquables qu’est le système immunitaire. Alors, le constat doit être le suivant : lorsqu’un patient développe un cancer, cela est la preuve indiscutable que le système immunitaire a été pris en défaut, qu’il n’a pas été capable d’éliminer les cellules précancéreuses que nous avons tous, qui apparaissent chez nous à tout moment et qui doivent être détruites.

Alors, il y a deux possibilités. Monsieur Barlesi a dit que les cellules cancéreuses sont capables de déjouer le système immunitaire, mais également que le système immunitaire n’est pas équipé pour faire son boulot, et c’est plutôt sur ce versant que je voudrais aujourd’hui discuter.

Quelques données récentes montrent qu’en Europe, dans la communauté européenne, il y a eu en 2008, 2 millions 450 mille personnes qui ont été atteintes d’un cancer et un million 230 mille qui en sont décédées, ce qui représente un coût de 126 milliards d’euros par an. Alors, ces chiffres ne veulent pas dire grand-chose souvent, mais sachez que le cancer en Europe, c’est l’équivalent de 14 Airbus 320 qui se crashent tous les jours, sept jours sur sept. C’est assez impressionnant. Donc, on a vraiment un gros problème de santé publique à résoudre.

Avoir trente minutes pour parler du système immunitaire, c’est un peu compliqué, mais je vais néanmoins essayer d’envisager ce sujet. Ce que je veux dire, c’est qu’on ne peut pas parler du système immunitaire sans se rappeler à quoi et comment reconstituer ses systèmes de défense. En fait, nous, en tant qu’animaux, nous devons nous défendre de manière perpétuelle et continue contre nos ennemis, que ce soit des ennemis biologiques, chimiques ou physiques.

D’accord. Ce système de défense est nécessaire à notre survie dans un milieu hostile. Le système de défense immunitaire actuel est le résultat d’un phénomène évolutif qui est caractérisé par une organisation hiérarchique où, en fait, à chaque fois que nous avons mis en place des systèmes de défense, nos ennemis, nos prédateurs, ont su les déjouer et nous avons dû reconstruire des systèmes plus efficaces pour pouvoir survivre. Alors, vous voyez ici une construction pyramidale et ce qui est important, c’est que cette pyramide repose sur une base, souvent oubliée parce qu’elle est ancienne. On n’a plus vraiment ce lien entre le rôle de la base et le fonctionnement de la partie la plus compliquée, la pointe.

Alors, le premier niveau de défense, ce sont les barrières. Quoi de plus intelligent pour empêcher des ennemis de rentrer dans notre intégrité territoriale que de mettre des barrières ? Malheureusement, ces barrières vont être traversées par des ennemis. Alors, une fois que l’ennemi est dans mon territoire, c’est une déclaration de guerre et vous devez partir au combat pour détruire l’ennemi. La première ligne de défense qui a été mise en place au cours de l’évolution est l’immunité innée, c’est-à-dire qu’on a demandé à quelques cellules de pouvoir connaître une catégorie d’ennemis relativement grossièrement et de les détruire. Le problème, c’est que cette reconnaissance se faisait par catégorie. On reconnaissait les champignons, les bactéries, des virus, mais on ne parvenait pas à les identifier de manière personnalisée.

Ce qui fait que certains ennemis ont trouvé la bonne manière de retirer les éléments qui permettaient de les reconnaître en tant que champignons ou bactéries et donc, ils passaient inaperçus. C’est là qu’est apparu le troisième niveau, qu’est l’immunité spécifique, le plus sophistiqué, qui permet de reconnaître individuellement l’ennemi et de mettre en place une stratégie de destruction massive. Ces trois niveaux sont hyper importants et bien sûr, vous imaginez que plus on passe d’un niveau à l’autre, plus ça devient extrêmement compliqué. Je veux dire que l’on y comprend encore rien dans le fonctionnement spécifique de l’immunité. Chaque mois est souvent l’occasion de nouvelles découvertes qui viennent compromettre ce que nous pensions être des certitudes le mois avant.

Il est important de savoir que ce premier niveau est hyper important et qu’il va permettre d’empêcher les ennemis d’entrer. Ok. Alors, ces barrières doivent être entretenues de manière extrêmement précise. Tout le système repose sur cette base, qu’une fois que la base est compromise, c’est l’édifice qui risque éventuellement de s’effondrer. Souvent, on oublie que notre système immunitaire est basé sur le prérequis que les barrières sont fonctionnellement intactes. C’est-à-dire, ne vous étonnez pas qu’il y ait des voleurs qui rentrent chez vous si vous laissez la porte ouverte ou si vous avez oublié de la verrouiller.

Alors, ces barrières, bien sûr, ce sont la peau, les muqueuses qui tapissent les voies respiratoires, et la barrière la plus importante et la plus vulnérable, c’est la barrière intestinale. Figurez-vous que vous avez mille mètres carrés, c’est-à-dire la surface d’un court de tennis, d’une épaisseur de 25 millionièmes de mètre, qui vous sépare du monde le plus hostile, c’est-à-dire le contenu intestinal. Cette barrière se renouvelle toutes les 36 heures. Chaque jour, 50 milliards de cellules intestinales meurent et sont remplacées par 50 milliards d’autres.

Étant donné que cette barrière est la plus vulnérable, vous ne serez pas étonné de vous rendre compte que 80 % de toutes les cellules du système immunitaire vont être déployées le long de l’intestin. Il est important de bien réaliser qu’il y a un couple intestin-immunité, tube digestif-immunité, qui est hyper important et qu’on ne peut pas avoir un bon système immunitaire si on a des problèmes au niveau intestinal.

Alors, une fois que ces barrières ont été franchies, l’ennemi est dans votre territoire. C’est la vie à la mort, et vous rentrez en guerre. Cette guerre va être mise en place par une armée de cellules et de molécules qui vont former ce qu’on appelle l’immunité innée non spécifique. Cette guerre va être réalisée par des cellules qui vont utiliser des moyens de communication, des chimiokines, des cytokines et des facteurs solubles pour pouvoir s’attaquer aux ennemis. Voici quelques représentants des cellules de cette armée du système immunitaire qu’on appelle les globules blancs. Lorsque l’on prend du sang et qu’on le centrifuge, les globules rouges forment le premier culot, et on a une toute petite fine couche de cellules blanches qui sont des cellules du système immunitaire.

Avec des polymorphonucléaires, des lymphocytes, des monocytes, des macrophages, et c’est une catégorie importante si ces militaires nous en reparlerons vers la fin de l’exposé, ce sont les cellules NK, les natural killer. Ces cellules sont géniales parce que ce sont de véritables mercenaires qui patrouillent dans notre sang et qui sont là pour contrôler l’identité des cellules pour voir si elles appartiennent à notre communauté, si elles sont normales, si elles ne sont pas en train de devenir précancéreuses. Si au cours de ce contrôle d’identité ça ne se passe pas bien, il n’y a pas de mise en examen. La cellule est directement détruite par ce qu’on appelle le baiser de la mort, c’est-à-dire que la cellule NK va demander à la cellule anormale de se tuer.

Le système immunitaire inné, comme je l’ai dit, va se limiter à des groupes de pathogènes. Le problème, c’est qu’il n’est pas capable de reconnaître les ennemis intracellulaires, il n’est pas capable de reconnaître les cellules anormales. Donc, au cours de l’évolution, il a fallu apporter un nouveau module qui est le plus sophistiqué. On considère ce système comme étant le plus complexe de l’organisme humain après le cerveau. Le système immunitaire inné est basé sur la reconnaissance spécifique de

l’ennemi avec, comme invention, le concept de la mémoire immunitaire. C’est-à-dire qu’une fois que vous avez rencontré un ennemi, vous allez lui faire un portrait-robot, faire des photocopies et l’envoyer partout. La prochaine fois qu’il revient, il n’aura pas l’occasion de se diviser parce que vous aurez déjà les armes de reconnaissance pour le détruire.

C’est sur cette base qu’on a réalisé les vaccinations. On prend un morceau de l’ennemi, on le présente au système immunitaire, et la prochaine fois que vous le voyez, cet ennemi-là, vous tirez à vue, c’est un méchant. Ce système immunitaire, on n’a pas le temps de rentrer dans les détails, mais ce système étant tellement efficace, il a été nécessairement doté de pouvoir mettre un système de protection de nos propres cellules. Ce serait une catastrophe que notre système immunitaire se retourne contre nous et détruise nos propres tissus, ce qui serait à la base des maladies auto-immunes. Voici l’arme remarquable invention 20e siècle du système immunitaire spécifique, ce sont les anticorps. Ces anticorps vont reconnaître tout ce qui n’est pas vous.

N’importe quelle molécule qui ne fait pas partie de votre organisme va être considérée comme un ennemi et détruite. Ce système de défense va s’attaquer à l’ennemi, qu’il soit extérieur, comme une bactérie, ou intérieur, comme des cellules précancéreuses. Il y a plusieurs systèmes. Il faut savoir qu’il y a d’abord un nombre de molécules produites par le foie. Lorsque vous êtes en guerre, le foie se transforme en une usine à produire des molécules de guerre. Ces molécules de guerre, on les appelle les molécules de l’inflammation. Le résultat de l’activation du système immunitaire se matérialise par l’inflammation.

Ces molécules, on peut les doser pour voir si vous avez une activation du système immunitaire. Un autre système, c’est le complément, ce système remarquable de molécules qui circulent dans le sang. Lorsqu’elles sont activées, par exemple lorsqu’une cellule ennemie est reconnue par le système inné ou bien activée par des anticorps, ce système va se précipiter sur la cellule et la perforer en faisant des trous qui vont entraîner une sorte d’hémorragie et la cellule va se vider de son contenu. Un autre moyen, une autre arme intéressante, c’est la phagocytose, ce sont des cellules qui vont avaler et digérer l’ennemi, éventuellement des bactéries ou des cellules précancéreuses.

Une arme également de destruction massive remarquable, c’est la production de radicaux libres, des oxygénés que les cellules immunitaires utilisent comme des cocktails Molotov, comme des lance-flammes pour tuer l’ennemi et éventuellement les cellules cancéreuses. Le résultat global de toute cette activation est appelé inflammation. On considère souvent, en tout cas les patients, que l’inflammation est une maladie. Or, l’inflammation est une acquisition remarquable de l’évolution. C’est un processus qui permet de détruire nos agresseurs et de réparer les lésions qui ont été occasionnées par leur entrée dans notre corps. Cette inflammation va entraîner l’activation de cette armée de défense.

L’inflammation est le champ de bataille où nos forces de défense affrontent l’ennemi pour le détruire. L’inflammation, dans ces conditions-là, peut être une défense, mais malheureusement, cette inflammation peut être une offense lorsqu’elle est activée de manière inappropriée ou lorsqu’elle est exagérée. Vous devez savoir également que le système immunitaire s’est construit dans un environnement moléculaire qui n’est plus du tout celui dans lequel il se trouve aujourd’hui, qui correspond à celui de notre ancêtre chasseur-cueilleur. La configuration des nutriments que nous ingérions à travers l’alimentation était relativement stable. Ces 50 dernières années, notre alimentation a subi des dérives assez incroyables, bien sûr dans le mauvais sens.

On sait aujourd’hui que l’inflammation pathologique, le fait d’avoir une inflammation, va contribuer au développement des cancers et à leur progression. En effet, l’inflammation, c’est un programme de guerre. Vous devez savoir que les cellules cancéreuses, qui sont des guerrières, des ennemis qui vont lutter contre nous, vont utiliser le même processus utilisé par des cellules immunitaires armées pour pouvoir envahir notre propre corps. Donc, l’inflammation va être véritablement le nid du développement et de la progression des cancers. Ce schéma montre que cette inflammation va constituer la base pour le développement de cancers primaires, mais également la progression et la formation de métastases. Cela veut dire que nous devons, dans la prise en charge d’un patient, en plus de toutes ces thérapies qui sont extrêmement sophistiquées et basées sur les connaissances récentes, parfois revenir aux essentiels et aux fondements du fonctionnement de l’organisme, et remettre le système immunitaire dans son environnement qui permet de fonctionner correctement, en luttant contre l’inflammation systémique.

On appelle l’inflammation systémique de bas grade, c’est-à-dire qu’on ne détecte pas, et dont la plupart d’entre nous, malheureusement, souffrent. Nous sommes tous en état de pré-guerre ou de guerre chronique. L’alimentation joue un rôle particulièrement important pour la santé de nos cellules, puisque nous sommes des hétérotrophes, nous sommes obligés de consommer des molécules pour survivre et pour cela, nous devons manger d’autres organismes vivants, que ce soit des plantes ou des animaux. Nous savons aujourd’hui que le système immunitaire, pour son fonctionnement optimal, dépend de manière intime de l’approvisionnement en quantité et en qualité de molécules particulières. Il y a plus de 10 000 publications qui relatent l’impact de l’alimentation sur la santé.

Nous allons les voir, bien sûr, jusqu’à la fin du mois. Non, c’est pour rigoler. Montrer quelques-unes, par exemple ici, une étude qui montre qu’il faut pour que le système immunitaire fonctionne des micronutriments. Il faut des macronutriments. Le grand drame des pays africains est qu’il n’y a pas assez de protéines pour faire les anticorps. La malnutrition en protéines est responsable de déficiences immunitaires graves qui font que ces pauvres individus meurent souvent attaqués par des ennemis parce qu’ils n’ont pas l’équipement pour fabriquer des anticorps qui sont des protéines. Ils vont mourir bien avant de développer des maladies cancéreuses. Dans les pays occidentaux, nous souffrons de famine en micronutriments. Notre alimentation ne contient plus les micronutriments nécessaires, comme le zinc, le sélénium, certaines vitamines, pourtant nécessaires au fonctionnement optimal du système immunitaire.

Je voulais simplement rappeler quelques points importants, notamment que il est fondamental de faire en sorte que vos barrières soient efficaces. Sinon, ceci va entraîner une altération de ces barrières et plein d’éléments vont rentrer dans votre corps, des méchants ou des pas méchants. Cette entrée d’agents étrangers dans votre corps va déclencher une réponse immunitaire et cette réponse immunitaire va créer une inflammation qui est le terrain du cancer. Il est important d’optimiser la fonction de la barrière intestinale. Ensuite, nous allons voir très rapidement que certains nutriments, comme le zinc, sont majeurs pour le système immunitaire. Le fer, la vitamine A, la vitamine D sont importants.

La réponse inflammatoire dépend de l’équilibre entre les acides gras oméga-3 et les acides gras oméga-6. Les poissons gras sont la source principale d’acides gras oméga-3. Ils ont ce rôle anti-inflammatoire. Les antioxydants sont également utiles pour avoir des cellules qui fonctionnent bien. Les cellules NK, ces fameuses cellules qui nous protègent des cellules précancéreuses, ne fonctionnent pas bien s’il y a trop d’oxydants et de radicaux libres. Il faut être extrêmement vigilant parce que parfois, trop d’antioxydants peut avoir un effet aussi délétère que pas assez.

Certaines plantes immunomodulatrices sont capables de normaliser l’inflammation. La première chose, c’est la restauration des barrières. On peut restaurer les barrières d’abord en mangeant lentement et en mastiquant bien pour éviter que des molécules non digérées n’arrivent au niveau du côlon et nourrissent les mauvaises bactéries, créant des flatulences mais aussi de l’inflammation au niveau de l’intestin. On peut aussi aider à garder les barrières en prenant des probiotiques, des bactéries amies qui vont rétablir l’équilibre de la flore intestinale. De plus en plus, on se rend compte du rôle majeur de cette flore intestinale pour notre santé et pour la bonne activité du système immunitaire. Un nutriment, un acide aminé qui sert à bien barricader la barrière intestinale, c’est la glutamine. Le zinc est également important pour faire les joints d’étanchéité au niveau de l’intestin.

Le zinc est probablement un des nutriments les plus indispensables pour le système immunitaire. Le zinc est un cofacteur d’enzymes nécessaires pour que le système immunitaire réponde de manière efficace. Beaucoup de patients, beaucoup d’individus sont carencés en zinc. Cette carence en zinc va être responsable d’un avortement de la réponse immunitaire. Vous devez savoir que l’immunothérapie, notamment la vaccination anticancéreuse, a pris du plomb dans l’aile, notamment dans le mélanome

. On s’est rendu compte que la vaccination basée sur l’antigène MAGE ne fonctionnait pas bien. Mon hypothèse est que la plupart des patients cancéreux sont probablement carencés en zinc.

Le système immunitaire n’est pas dans le bon environnement nutritionnel et le traitement ne va pas améliorer ce statut. Vacciner un patient dont l’environnement nutritionnel ne permet pas au système immunitaire de répondre, ça ne va pas marcher. Si un système n’a pas bien fonctionné avant, comment imaginer qu’il puisse fonctionner après ? Vous devez donner des munitions aux combattants. C’est pour ça qu’il est fondamental, lorsqu’on prend un patient en immunothérapie, de vérifier que son organisme a l’ensemble des nutriments nécessaires et que son système immunitaire fonctionne. Un des éléments à vérifier, c’est le zinc. On a besoin de 15 à 30 mg de zinc par jour. À partir de 40 ans, on considère qu’il faut prendre 40 mg de zinc par jour en dehors des repas, sinon son absorption entre en compétition avec d’autres métaux.

La source principale ce sont les produits d’origine animale, la viande, le poisson, les fruits de mer. La plus grosse source de zinc, c’est l’huître avec 70 mg pour 100 g. Un autre nutriment extrêmement important pour le système immunitaire, c’est le fer. Le fer est fondamental pour notre santé en général. Il intervient dans plus de cent réactions biochimiques et le problème c’est que le fer est aussi délétère en excès qu’en carence. Il est important de bien vérifier le statut en fer du patient. Un autre nutriment qui a explosé par rapport à son rôle dans l’immunité en cancérologie, c’est la vitamine D. On sait tous qu’elle est importante pour les os. Cette vitamine D joue un rôle majeur dans la maturation et le fonctionnement du système immunitaire et elle a également une activité anticancéreuse remarquable, notamment anti-angiogénique. Comme nous l’avons vu ce matin, l’angiogenèse est un processus relativement important à cibler en cancérologie.

On se rend compte que cette vitamine D est garante du bon fonctionnement du système immunitaire. Il sera fondamental de vérifier chez un patient cancéreux que son taux de vitamine D est correct. Les acides gras oméga-3, dont on a parlé, sont de véritables nutriments anti-inflammatoires. L’intensité de la réponse inflammatoire dépend de l’équilibre entre les acides gras oméga-6, en particulier l’acide arachidonique, et l’acide eicosapentaénoïque, qui vient des poissons gras. Ces deux acides gras vont produire des molécules soit très inflammatoires soit beaucoup moins inflammatoires. Il faudrait avoir un rapport équilibré entre les deux. Or, la plupart d’entre vous avez un rapport de 20:1 entre l’acide arachidonique et l’eicosapentaénoïque. Cela veut dire que lorsque votre système immunitaire est activé, il est activé vingt fois trop intensément, ce qui peut entraîner une série de problèmes.

Certaines plantes ont des activités anti-inflammatoires et normalisatrices de l’immunité, ainsi que des propriétés antioxydantes et anticancéreuses. C’est le cas du curcuma. Le curcuma est un puissant anti-inflammatoire et normalisateur de la réponse inflammatoire qui s’est avéré extrêmement efficace dans le traitement du cancer. Le problème du curcuma, c’est qu’il n’est pas brevetable, la nature l’a inventé. Donc, il n’y a pas d’intérêt commercial à développer des programmes de recherche pour démontrer son efficacité. Il y a énormément de données scientifiques qui montrent que le curcuma est un puissant régulateur de l’immunité et un puissant agent antitumoral. Il devrait être utilisé plus souvent car il n’a aucune toxicité.

En pratique, comment assurer un bon fonctionnement de votre système immunitaire en dix points ?

1. Manger lentement et bien mastiquer.
2. Manger beaucoup de fruits et légumes, idéalement bio.
3. Manger au moins trois fois par semaine du poisson gras.
4. Éviter les huiles riches en oméga-6 et les fritures.
5. Préférer l’huile de colza et de soja.
6. Vérifier et optimiser votre taux de vitamine D.
7. Vérifier et optimiser votre taux de zinc et de fer.
8. Se relaxer et s’amuser.
9. Aimer et être aimé.
10. Gérer le stress.

Merci pour votre attention. [Applaudissements]

Merci mille fois. Par contre, tu as dépassé très largement la ligne. Nous allons faire une pause.

Sur la vitamine D, il faut des taux plus élevés que 30 ng/ml en cancérologie, entre 50 et 75 ng/ml. Il faut surveiller régulièrement. Ensuite, les éléments qui influencent l’activité immunitaire sont la dénutrition, les carences en micronutriments comme le zinc et le fer, et l’activité physique. Le curcuma agit sur l’inflammation. La pratique clinique n’évalue pas bien le système immunitaire anticancéreux.

L’activité physique, les probiotiques, la gestion du stress, et d’autres interventions peuvent aider.

Voilà, encore merci et à très bientôt.