Résumé
Découvrez Pourquoi Votre Bouche Est Le Miroir de Votre Santé
Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien ce matin. Accrochez-vous, car j’ai invité aujourd’hui le Dr Bruno Donatini, un spécialiste aux multiples casquettes : gastro-entérologue, hépatologue, cancérologue, immunologue et ostéopathe. Oui, rien que ça !
La Bouche : Un Outil Diagnostique Négligé
Saviez-vous que l’examen de la bouche a pratiquement disparu des consultations médicales classiques ? Pourtant, autrefois, c’était presque un réflexe : « Ouvrez la bouche ! ». De nos jours, on prend votre tension artérielle, on pose quelques questions, et voilà, c’est fini. Malheureusement, l’état de notre bouche est un indicateur clé de notre santé globale, souvent négligé.
Le Pouvoir Oublié de l’Ostéopathie et des Champignons
Dr Donatini n’est pas seulement un passionné de médecine classique. Il explore également des domaines moins conventionnels comme l’ostéopathie, qui aide à débloquer des systèmes engorgés, et la mycothérapie, l’utilisation des champignons pour la thérapie. Ces champignons, bien que portant souvent des noms exotiques, sont en réalité des espèces locales avec des propriétés médicinales puissantes.
« La Bouche, Miroir de Votre Santé » : Un Livre Révélateur
Son dernier livre, « La bouche, miroir de votre santé », publié aux éditions Flammarion, révèle comment notre bouche peut indiquer des risques de maladies graves comme le cancer, le diabète, et Alzheimer. Selon lui, les dentistes, bien qu’essentiels, se concentrent souvent sur les dents au détriment des gencives et du microbiote buccal.
La Flore Buccale : Un Écosystème Complexe
La bouche abrite un écosystème microbien riche et complexe. Par exemple, Propionibacterium acnes, liée à l’acné et aux déséquilibres acides, peut être détectée par une simple lampe de Wood. D’autres bactéries comme Porphyromonas gingivalis, associée aux caries et aux gingivites, peuvent également révéler des risques de maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson.
Nez Électronique et Diagnostic des Gaz
Une des passions du Dr Donatini est l’utilisation du nez électronique pour mesurer les gaz expirés, notamment le monoxyde d’azote, indicateur de la motricité gastrique et de la qualité de la flore buccale. Cet appareil peut quasiment rivaliser avec le nez d’un chien, détectant des molécules à des concentrations incroyablement faibles.
Prévention et Traitement
Prévenir les maladies passe par un entretien méticuleux de la flore buccale. Cela inclut une hygiène dentaire rigoureuse, l’utilisation modérée de bains de bouche, et un régime alimentaire équilibré. Pour les maladies auto-immunes, le Dr Donatini préconise des traitements antiviraux et l’utilisation de champignons médicinaux pour renforcer l’immunité.
Attention Aux Enfants !
Chez les enfants, particulièrement entre 4 et 18 mois, il est crucial de protéger contre les infections virales pour prévenir des maladies graves à l’avenir. Une bonne hygiène des mains et une flore buccale saine sont essentielles.
Conclusion : Votre Bouche, Un Indicateur de Santé
En conclusion, la santé bucco-dentaire est bien plus que de simples caries ou une mauvaise haleine. C’est un reflet de votre état de santé général. En prenant soin de votre bouche, vous prenez soin de tout votre corps.
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire « La bouche, miroir de votre santé » du Dr Bruno Donatini. Et souvenez-vous, une bouche saine est le premier pas vers une vie en meilleure santé !
Texte intégral
Examiner une bouche est sortie de l’examen habituel ou rituel : on va prendre la tension artérielle, on va regarder si le sujet est un peu jaune, on va poser quelques questions, et puis c’est la fin d’une consultation classique. Donc l’examen de la bouche est ignoré de la consultation habituelle. Il n’y a pas d’enseignement à l’université d’un examen de la bouche.
À votre santé, j’espère que vous allez bien ce matin. Alors, vous accrochez-vous ? J’ai invité le Dr Bruno Donatini. Bonjour Doc.
Bonjour.
Vous êtes gastro-entérologue, hépatologue, cancérologue et immunologue, et puis alors en plus de ça, vous êtes ostéopathe.
Oui.
Vous vous ennuyez dans votre vie ?
Pas vraiment, non. C’est vrai, mais on est toujours à la recherche de quelque chose, un petit déclic qui va modifier, améliorer les choses, et l’ostéopathie me semblait quelque chose d’intéressant pour débloquer. L’ostéopathie, ça débloque quoi ?
Ça débloque le cou, l’estomac et l’intestin, et donc on est dans un monde de gens bloqués, rien ne se vide. Donc, il fallait débloquer le système. Donc, l’ostéopathie m’a semblé quelque chose de sérieux, anatomique, et finalement de pratique. On essaye, ça marche, c’est merveilleux. Donc, j’aime bien l’ostéopathie et les petites clés simples qu’on oublie souvent et qui vont résoudre un problème.
Aujourd’hui, vous vous intéressez aux champignons. Comment on appelle cette science d’études des champignons ?
Parce que la mycologie, ou la mycothérapie, c’est valable, appliquée à la thérapie sur simples, humbles, naturels. Pour les gens branchés, c’est une branche de la phytothérapie.
Tout à fait. Et alors, les champignons ont énormément à nous apprendre. Ils viennent connus même avec des noms barbares, et souvent on en rajoute un petit peu sur la barbarie des noms. On va chercher l’exotisme japonais, le reishi, le cordyceps, le maitake. En fait, ce sont des champignons européens avec des noms latins : grifola, on va avoir le coriolis versicolor. Donc, en fait, le nom latin est la base, comme en phytothérapie, et les champignons sont des champignons locaux que l’on rencontre dans nos forêts.
En tout cas, aujourd’hui, c’est une nouvelle science qui est en train de démarrer avec l’étude des champignons. Mais vous êtes là ce matin pour nous parler de votre dernier livre, ça s’appelle « La bouche, miroir de votre santé » aux éditions Flammarion. Cancers, diabète, Alzheimer, ce que notre bouche révèle. Est-ce que vous voulez piquer le boulot des dentistes ?
Les dentistes sont très impliqués, mais malheureusement, ils s’occupent des dents plus que des gencives. Ils ont une excuse, et moi je ne veux pas dire de vilaines choses, mais la flore, ils connaissent mais ils n’appliquent pas ce qu’ils connaissent. Ils ne vont pas moduler la flore, ils ne s’intéressent pas aux virus, encore moins aux phages. Donc, finalement, ils vont avoir un métier de super-bricolage et de réparation, mais pas de prévention.
Alors, on va parler ce matin de la prévention justement, de la flore buccale, puisque c’est vraiment votre sujet. Vous nous expliquez que la bouche est un véritable sujet de santé publique et vous parlez des phages. Mais ça aussi c’est un sujet passionnant. Vous dites qu’aujourd’hui les médecins ont perdu l’habitude de faire les examens de la bouche. Mais c’est vrai qu’il y a 30 ou 40 ans, on commençait par là : « Ouvrez la bouche ! ».
Absolument. L’examen clinique, c’est le visuel, le palpatoire. Et l’examen clinique, en quelques minutes, ce n’est pas possible. Alors, vous me direz : pas besoin de se déshabiller pour examiner une bouche, on ne perd pas de temps à examiner une bouche. Mais une consultation classique, ça va être dix minutes, un quart d’heure. Et examiner une bouche est sortie de l’examen habituel ou rituel : on va prendre la tension artérielle, on va regarder si le sujet est un peu jaune, on va poser quelques questions, et puis c’est la fin d’une consultation classique. Donc, l’examen de la bouche est désespérément ignoré. Quand je donne des conférences ou des formations, je pose la question : examinez-vous la bouche de vos patients ? Je n’ai même pas trois doigts qui se lèvent dans une assemblée de 100 personnes de médecins. Donc, c’est ignoré de la consultation habituelle. Il n’y a pas d’enseignement à l’université d’un examen de la bouche.
Alors, vous avez une petite lampe…
Oui.
…qu’on appelle comment ?
Une lampe de Wood, W-O-O-D, des UV noirs qui permet de révéler les fluorescences de certaines bactéries.
Quelles sont les fameuses bactéries que vous recherchez en premier ?
La première à rechercher, c’est Propionibacterium acnes, qui donne l’acné sur la peau, qui va aimer des acides gras et donc l’acidité. Acides gras, acidité, qui est rattachée aux flores pauvres de gens qui consomment trop de sucre. Et donc, on va l’observer chez les personnes qui ont fait de l’acné ou qui vont faire une flore pauvre avec un blocage gastrique et hyper acide. Donc, ça, c’est la première grande bactérie.
La deuxième, si on associe à une langue bleue, on va voir Porphyromonas gingivalis qui donne des caries, des gingivites, et qui est associée à la maladie d’Alzheimer. La troisième, c’est Parkinson.
Comment vous faites un Parkinson ?
C’est Fusobacterium nucleatum, encore une autre bactérie, toujours du latin. Ah, vive la science ! Le latin, toujours très sérieux. Fusobacterium nucleatum, c’est la troisième couche sur la flore dentaire, celle qui mange des débris. Quand vous avez des petits saignements des gencives, c’est le nécrophage, c’est le charognard de la bouche qui va donner une mauvaise haleine, qui va favoriser le Parkinson, les polypes, les ulcères, le cancer du pancréas. Cette vilaine bactérie, celle-ci, elle va apparaître non pas bleutée mais également rouge à la lampe de Wood.
On a une troisième flore, c’est Helicobacter pylori chez l’acidité gastrique. Celle-là qui est impliquée dans le cancer de l’estomac.
Cancer de l’estomac qui, en fait, est associé à un ensemble de flores que l’on appelle un microbiote. Les bactéries s’associent entre elles. L’association de malfaiteurs, il y a rarement un coupable. Donc, elles vont s’associer, former des briques très solides, difficiles à détruire. Vous avez des couches successives. Un antibiotique va détruire une couche, mais il restera toujours une qui favorisera la reconstruction du vilain mur. Donc, vous avez un microbiote solide, indestructible. Et on va avoir trois microbiotes. Le microbiote qui favorise le cancer Parkinson, c’est Prevotella, et qui inclut Helicobacter.
Donc, il faut percevoir des mondes de complices. Ce sont des sociétés.
Tout ça avec votre petite lampe, toujours ?
Tout ça, vous le voyez avec l’examen de la bouche.
On peut, avec un examen clinique simple, dire : c’est Prevotella ou ce n’est pas Prevotella. On va avoir des caries, des gingivites, et ces fluorescentes. Ensuite, si on a un petit doute, on va avoir des petits tests, soit avec des bandelettes, des tests minutes qui vont dire : il y a bien Helicobacter. On peut aller plus loin, prélèvement de salive, analyses génétiques, amplification génique comme le Covid. Et vous dites : on avait bien telle bactérie, tel virus, c’était bien un herpès. Et on va avoir cette fois-ci le déclic pour un diagnostic : vous êtes à risque puisque vous portez telle chose.
Très bien. Alors, il y a un autre examen que vous aimez beaucoup. C’est ce qu’on appelle la méthode du nez électronique. Vous parlez de ça. C’est une de vos autres passions. Apprenez-nous, parce que vous ennuyez beaucoup, c’est un gaz spécifique qu’on appelle le monoxyde d’azote. Du coup, ce monoxyde d’azote est de quoi responsable ?
Tout d’abord, le nez électronique, en fait, c’est un appareil qui mesure les gaz expirés. Les bactéries sont en fait des organismes qui mangent, en général, des sucres, un petit peu de protéines, et qui émettent plein de déchets. Ces déchets, ce sont des gaz. Environ 3000 gaz ont été enregistrés. Il y en a une soixantaine qui sont dits fusiques, qui vont traverser la barrière, être dissous dans le sang, être émis par l’haleine. Donc, nous avons une haleine qui est un peu spécifique à chacun. Chacun d’entre nous a sa propre haleine. Voilà ce qui fait qu’un animal, avec le flair, vous reconnaît que c’est vous qui rentrez par votre odeur avant de vous avoir reconnu.
Donc finalement, c’est une signature, et cette signature, on commence à s’en approcher par des appareils de plus en plus fins qui détectent une molécule par mètre cube, voire une molécule par mille mètres cubes. Donc, on est au milliardième de particules. On est en train de concurrencer le nez du chien, d’où le nom « nez électronique ». Et donc, cette signature, on a une soixantaine de gaz que l’on peut résumer en gros en gaz léger et gaz lourd. Vous ne devez pas avoir de gaz. Sinon, vous accumulez soit de la graisse, soit vous accumulez des débris dans votre paroi, des débris d’acides gras qui vont aller contaminer votre cerveau, d’où des maladies inflammatoires chroniques, neurodégénératives. Donc, plus vous avez des pics, plus c’est mauvais. Et deuxième volet : selon le profil de pics légers, vous aurez un risque de maladies métaboliques, de malabsorption, de perte de poids, et de mauvaise qualité de flore et de risques infectieux. Donc, de plus en plus, cet appareil va vous dire : vous avez telle flore, vous êtes à risque de ceci ou cela.
Ce qui est intéressant, c’est de savoir comment le docteur qui vous fait cet examen y arrive, en provoquant un rot chez le patient.
Donc, le monoxyde d’azote, ce gaz-là, comment on arrive à l’extraire ?
Le monoxyde d’azote est un gaz de relaxation, qui va relaxer les artères mais aussi les sphincters. Donc, l’estomac va se vider. Si vous possédez ce gaz, vous aurez une motricité correcte et vous aurez une possibilité, premièrement, de faire un rot facilement, et deuxièmement, d’évacuer votre estomac. Donc, on va le provoquer soit avec une bonne bière, ce qui n’est pas très médicalement correct. Pour ceux qui ne boivent pas de bière pour des tas de raisons, on peut utiliser une création de limonade, c’est-à-dire du citron et du bicarbonate. Et là, à votre santé, vous créez du gaz, et vous dites : laissez-vous aller. Si vous avez un rot, je récupère dans un ballon votre rot. J’analyse le monoxyde d’azote, qui doit être présent, localement synthétisé par une flore riche d’origine buccale et salivaire. Ce monoxyde d’azote indique que la flore est bonne et permet la relaxation et l’évacuation de l’estomac.
Parmi les examens dont on vient de parler ce matin, qui les pratique à part vous ?
J’essaie d’enseigner chaque année à une trentaine d’étudiants l’utilisation du nez électronique, la mesure du monoxyde d’azote. Donc, on va dire qu’il y a une bonne centaine de thérapeutes qui peuvent être pour certains des médecins, des pharmaciens, des naturopathes, des dentistes. Donc, on va dire qu’une centaine, voire 200 personnes ont été formées. Une centaine doivent l’appliquer quotidiennement. Donc, il y a un petit réseau qui se met en place de gens équipés et formés. Ensuite, on peut aller un peu plus loin. Il y a des appareils plus performants qui vont analyser plus de gaz, qui sont plus coûteux, moins fréquents. Et ensuite, il y a l’échographie, qui permet de voir la vidange, le liquide, si la muqueuse est correcte. Ça, c’est réservé aux médecins. En fait, vous avez un petit peu donné l’arsenal qu’il existe dans les tests aujourd’hui, et tout ça permet de mesurer notamment l’équilibre du microbiote de la bouche de chacun d’entre nous.
Première étape, toujours en médecine, et j’insiste beaucoup, on est sur une approche médicale scientifique. La première étape, c’est le diagnostic : à qui a-t-on affaire et que se passe-t-il ? Vous ne pouvez traiter personne si vous n’avez pas fait un minimum de diagnostic. Et la flore, qu’est-ce qu’elle dit ? Vidange et puis poser quelques questions : virus, immunité, que mangez-vous ? Faites-vous du sport ? Comment ça se passe ? Qu’est-ce que vous ressentez ? Que souhaitez-vous ? Si vous appliquez un traitement, il faut qu’il y ait une motivation. Si la personne vient avec des symptômes et que vous lui proposez quelque chose qui ne répond pas tout de suite à sa demande, elle l’appliquera moins. Donc, vous avez un côté diagnostic personnalisé. Vous avez des outils. Ça ne vient à l’idée de personne de faire un diagnostic avec des sensations et des approximations. Donc, vous avez un outil diagnostic qui vous permettra aussi d’établir un critère de suivi. On a déterminé que ça n’allait pas. Nous allons donc surveiller ces deux ou trois critères. Critères de suivi toujours pareil, scientifiques, réguliers, propres.
On est avec le Dr Bruno Donatini ce matin, qui est gastro-entérologue, hépatologue, cancérologue et immunologue, qui publie « La bouche, miroir de votre santé » aux éditions Flammarion. Et c’est vrai que le succès du microbiote intestinal nous ferait presque oublier les autres microbiotes, notamment le microbiote de la bouche. Quand vous avez commencé votre enquête, vous avez cherché de la littérature, des études sur le sujet, et il n’y en avait pas. Donc, qu’est-ce que vous avez fait ?
Très rapidement, on s’interroge parce qu’on se dit que la source de ce microbiote digestif, ce n’est pas sui generis, ce n’est pas produit comme ça spontanément. Il y a bien une contamination par un organe principal. Or, on trouve assez rapidement une notion de désinfection dans l’estomac. Vous avez une hyperacidité qui désinfecte, suivie par un effet chaud-froid, c’est-à-dire d’un pH acide qui devient alcalin. Les bactéries qui avaient supporté l’acide ne supportent pas l’alcalinité. Vous avez une deuxième mode de destruction qui sont les sels biliaires. Puis, une troisième mode de destruction, c’est que l’oxygène se raréfie et vous avez presque plus d’oxygène disponible pour les bactéries qui supportaient au départ et qui vont se retrouver privées. Donc, vous avez une désertification au niveau de l’estomac et du duodénum. Vous dites donc que c’est recréé à partir d’une souche de base.
Ensuite, on a un deuxième dogme là indiscutable : une bonne flore est une flore riche. Plus vous tuez votre flore par antibiotiques, désinfectants, argent colloïdal, antiseptiques, piscine en excès…
C’est vrai que la piscine, finalement…
Oui, la piscine c’est très mauvais pour la flore buccale bien sûr, parce qu’on désinfecte sans arrêt. La flore cutanée devient pauvre. Or, il y a de belles publications montrant que ceux qui jardinent ont une flore plus riche, parce qu’ils ont les mains dans la terre. Ils mangent des produits bio. Ceux qui lavent leur vaisselle à la main enrichissent la flore de leur famille, parce qu’il y a un échange. Cette flore cutanée, les assiettes, et finalement l’aliment. Plus vous aurez de contact avec la terre, les végétaux, le bois, plus votre flore sera riche. Et plus vous allez désinfecter, plus elle sera pauvre. Donc, la flore doit être riche, c’est une flore de surface que l’on va ingérer. Cette flore riche détermine notre santé. Ce n’est pas la flore du côlon puisqu’elle a été désinfectée. On parle de la flore qui est tout en bas, celle qui est passagère. Vous avez trois flores : flore passagère, flore de muqueuses de parois qui vous protège contre l’extérieur, plus épaisse mieux c’est, et une flore qui a réussi à vous envahir. Cette flore qui vous a envahi peut vous protéger si vous êtes en bonne forme. Vous n’avez pas d’organe stérile, donc elle vous protège. Puis, il y a une flore néfaste qui a pu vous envahir, qui va toucher les articulations, d’où les douleurs articulaires, les polyarthrites, qui peut toucher le cerveau, donc donner une inflammation chronique, une pathologie neurologique. Cette flore est la pire.
Donc, la flore colique rectale est une flore passagère sans intérêt. C’est une fosse septique. Inutile de l’analyser, elle ne vous protège pas. La flore principale est une flore de muqueuses, celle de la bouche. Vous avez analysé la flore de 260-270 de vos patients atteints de maladies auto-immunes. Pourquoi vous êtes-vous intéressé à cela ? Et qu’avaient-ils comme maladies auto-immunes ?
On commence toujours par se dire : voilà la flore que je ne voudrais pas avoir. On se met à la place des patients atteints de maladies sévères. Ont-ils une flore particulière au niveau buccal ? Donc, on se dit : est-ce que ce serait plutôt une flore Propionibacterium, Prevotella ? Y a-t-il des virus, et avec quelle fréquence ? C’est la question de la poule et de l’œuf : ont-ils une flore comme ça parce qu’ils ont ces maladies, ou ont-ils ces maladies parce qu’ils ont cette flore-là ?
Excellente question.
Dans la démarche scientifique, on sectionne les choses pour avoir des bribes de réponses.
Première étape : y a-t-il une association ? C’est de l’épidémiologie. Est-il très fréquent de trouver une mauvaise flore dans la bouche de ces gens, des virus et Prevotella ?
Première étape, la réponse est oui. Il y a un lien, cause ou conséquence, première étape. On a déjà répondu à quelque chose. C’est le problème du tabac et du cancer du poumon. Il y a un lien, c’est épidémiologique.
La deuxième, c’est de faire un essai clinique, c’est-à-dire donner du tabac à certains et pas de tabac à d’autres. On se revoit dans 20 ans, c’est l’essai clinique.
L’autre méthode, c’est la méthode dite bayésienne de comparaison. C’est un ensemble d’indices qui vous dit : si ce n’était pas lui, qui ça pourrait être d’autre ? Y a-t-il un autre coupable ? Est-ce que j’ai trouvé d’autres associations ? D’autres malfaiteurs ?
La seule enquête policière, c’est éliminer les autres possibles. Vous dites : il n’y a pas d’autres causes possibles, donc on va commencer par la sclérose en plaques. Vous faites votre étude et vous dites : il est reconnu que le virus d’Epstein-Barr, virus de la famille des herpès, est impliqué dans la sclérose en plaques. C’est officiel. Vous faites Epstein-Barr avant 15 ans, pas de sclérose en plaques. Vous faites Epstein-Barr après 25 ans, pas de sclérose en plaques. Donc, entre 15 et 25 ans, il y a un complice qui aide la pénétration du virus.
Ce complice, c’est Propionibacterium acnes. Les sclérosés en plaques ont énormément de caries dentaires précoces, plus d’acné, nez bouché, fument plus, ce qui favorise Prevotella et Helicobacter. Vous dites : voilà des coupables identifiés. C’est l’idée d’un microbiote. Il n’y a pas un fautif, il y en a plusieurs. L’ancienne médecine disait : la typhoïde, c’est tel bacille, Salmonella.
Ce modèle ne marche plus pour la maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, thyroïdite d’Hashimoto, polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique.
La palme revient aux spondylarthrites ankylosantes. Là, on trouve presque toujours des virus en cours de réplication et Propionibacterium acnes. La flore Prevotella très agressive, inflammatoire, détruisant les dents, rabotant les muqueuses, et des virus acquis entre 15-25 ans envahissant le système nerveux, les vaisseaux, et favorisant la pénétration des bactéries dans les disques et articulations. Vous avez une inflammation permanente. Manger un peu de sucre ou de féculents, explosion bactérienne, douleurs articulaires.
Une fois qu’on sait cela, en prévention, comment agit-on pour ne pas développer ces maladies auto-immunes ?
On a raison et visiblement, la pratique nous dit qu’on n’a pas tout à fait tort. Il suffit d’enlever une brique du système.
La première prévention, la plus facile, c’est le traitement antiviral. Les grands virus herpès impliqués dans Alzheimer, Epstein-Barr pour sclérose en plaques, lupus, vascularite, myélome, cytomégalovirus pour tumeurs cérébrales, ouvreur de porte, cytomégalovirus détruit aussi l’os. Donc, on cible herpès virus numéro un, avec traitement préventif vitamine D à haute dose. J’aime bien les champignons antiviraux.
Lesquels ?
Les grands champignons : Coriolus versicolor, Maitake, Grifola frondosa, Phellinus linteus, Ganoderma (Reishi), riches en fibres, oligoéléments, et sucres. À petites doses car très puissants, à prendre sur de longues périodes pour enrichir la flore et l’immunité. On surveille l’augmentation des lymphocytes. Intervenir dès qu’un virus s’exprime : bouton de fièvre, gencives saignantes, zona, Covid, globules blancs faibles, anticorps bas. Cibler surtout les gens avec maladies auto-immunes.
Vous écoutez peut-être cette émission en portant la main à votre bouche. Est-ce bon pour la santé ?
Personnellement, ce n’est pas très intelligent. Vous allez affecter les autres, c’est encore moins malin. Ces virus sont très contagieux : herpès simplex, cytomégalovirus, Epstein-Barr. Attention à la transmission par les parents à leurs enfants, surtout entre 4 mois et 18 mois. Bronchiolite et SME (syndrome de mort subite du nourrisson) sont liés à la transmission de virus simples comme rhinovirus ou virus respiratoire syncytial.
Embrasser ou palper un enfant sans se laver les mains, ou avec une bouche pleine de virus et de maladies parodontales, ce n’est pas une bonne idée. Hygiène des mains, caresse avec des mains propres, éviter de répandre des gouttelettes inconsidérément.
Ce ne sont pas les antibiotiques qui améliorent les choses. Le virus est indépendant de l’antibiotique. Une flore riche permet de transmettre une flore riche à son entourage. Donc, les mains portées à la bouche, ce n’est pas une bonne idée. En revanche, une hygiène dentaire minutieuse est essentielle : pas de débris entre les dents. Utiliser des brossettes, fil dentaire doux pour éviter l’accumulation de débris et la putréfaction.
La flore anaérobie n’aime pas l’oxygène. On leur en donne, on enlève les bouchons entre les dents et on donne de l’oxygène. L’eau oxygénée est un pur produit sans risque, qui diminue les gingivites et les herpès, voire le Covid. Mécanisme simple, peu coûteux, supplée aux désinfectants qui ruinent la flore buccale, la deuxième flore la plus riche de l’organisme après l’intestin. La salive permet la transformation des nitrates en nitrites, favorisant la vidange gastrique et l’élasticité des artères.
Les phages, petits virus qui détruisent ou respectent les bactéries, régulateurs stabilisant la flore. Bonne flore grâce aux phages, empêchant les staphylocoques d’entrer. Acquérir et conserver une bonne flore grâce aux phages. Soyez spécifiques dans le traitement des bactéries problématiques.
Utiliser des huiles essentielles à microdoses pour cibler les flores agressives comme Prevotella et Mycobacterium impliquées dans maladies de Crohn et rectocolite. Huiles essentielles d’origan, cannelle et clou de girofle au 40e, 2 gouttes sur 40 jours pour modifier une flore puissante. Diagnostic personnalisé essentiel : problème défini, stratégie adaptée, suivi régulier.
Est-ce que ça veut dire que toutes nos maladies trouvent leur origine dans la bouche ?
Pour moi, c’est certain. Au départ, savez-vous, les êtres vivants c’était une grosse bouche, un petit intestin, un cœur, puis pas beaucoup de cerveaux.
Au départ, c’est la limace de mer, c’est le lot tuerie sur un tube. Puis, après, le tube s’est un peu spécialisé avec un foie, un pancréas pour arriver à sortir plus de nutriments et moins gaspiller.
Ensuite, on a mis un cerveau reptilien pour aller un peu se promener, chercher, et enfin, on met un peu d’émotion en ajoutant des néocortex. En gros, voilà le développement.
Donc, au départ, nous sommes une bouche.
Pour ceux qui nous écoutent en résumé ce matin, qu’est-ce que vous appelez, vous, une bouche saine ?
Une bouche saine, c’est une bouche qui a peu de caries, qui a des gencives qui ne saignent pas. A priori, la langue ne porte pas de Propionibacterium, il n’y a pas de fissures.
Vous n’avez pas de problème à placer la langue, l’issue rien d’autre non, à une langue géographique éventuellement.
Découper ses vrais glandes géographiques, j’adore. C’est ce découpage à l’emporte-pièce qui s’enchaîne, et puis restent des petits morceaux de muqueuses, des îlots, des pièces séparées.
Alors là, vous attendez au pire. Vous voyez ça, vous vous dites : l’intestin est pareil.
Ah oui, bon, ne parlez pas trop fort, sinon je prends toutes les odeurs.
C’est un peu excessif, voilà la langue. Puis, après la langue, les gencives, donc là vous avez une bouche qui, si elle est saine, vous dit déjà : vous aurez peu de problèmes de flore.
Ensuite, on va regarder la peau. Est-ce qu’il y a des dépigmentations autour du nez, autour de la bouche ?
Est-ce que ça atteint en quelque sorte le tissu sous-cutané ?
On va avoir aussi les paupières qui vont être blanchies. Ça peut aller jusqu’au vitiligo.
On va le retrouver sur les mains, va regarder les mains avec la même lampe de Wood. Écoutez là, on a une maladie qui s’est étendue, qui a pénétré les tissus et qui s’est étendue au niveau de la peau, qui a ruiné les glandes salivaires, et on va retrouver les mêmes carences au niveau digestif, des muqueuses extrêmement fines.
Ensuite, on va se servir d’une électronique et de l’échographie. L’échographie va nous dire : l’estomac se vide ou pas.
Nous seulement on a mangé la muqueuse, mais le nerf qui est sur la muqueuse a été endommagé, ça fonctionne plus, ça ne va pas.
Et ne va pas rater, c’est même inutile d’aller le faire, tout stagne et l’estomac contient du liquide, l’intestin contient du liquide, c’est un tube noir sans motricité.
On dit là, ça dépose à longueur de journée, c’est un marais. Et là, vous dites ça va remonter joyeusement au cerveau.
80% des messages vont vers le cerveau, 20% des commandes.
Nous sommes un tube, ce n’est pas le deuxième cerveau, c’est le premier cerveau en termes de surface et de quantité de connexions et de neurones.
Le tube dépasse cinq fois le cerveau.
Bon, vous consultez ?
Oui, surtout vouloir aller vous voir. On va pour la langue, chacun va avec sa petite lampe, consultez mes confrères.
Et je ne prends pratiquement pas de nouvelles consultations, comme ça pas de concurrence. Je ne fais pas ça pour ma consultation.
En tout cas, c’est passionnant, je veux dire, vous ouvrez des pistes extraordinaires pour la recherche, et on n’est qu’au début.
Alors, voir le livre est passionnant, il y a aussi beaucoup, beaucoup de sujets.
On a pris beaucoup de mots ce matin, il faudra réécouter l’émission tranquillement. Vous réécouterez le podcast sur Beur FM Planète et vous pourrez voir la vidéo sur la chaîne YouTube.
Puis, vous pourrez donc lire le livre du doc, ça s’appelle « La bouche, miroir de votre santé : cancers, diabète, Alzheimer, ce que notre bouche révèle » chez Flammarion.
Vous revenez quand vous voulez, docteur.
– Bien volontiers.
