Révolution Épigénétique : Quand l’Alimentation Détermine notre Destinée
Bonjour à toutes et à tous !
Voici un résumé d’une vidéo captivante du colloque du Dr. Castronovo, où nous découvrons comment notre alimentation peut influencer notre destin génétique. Plongeons ensemble dans cette fascinante aventure.
La Magie de l’Épigénétique
L’épigénétique, c’est la science qui étudie les modifications héritables mais réversibles de l’expression des gènes sans altération de la séquence ADN. En termes simples, c’est l’art de lire et de réécrire notre destin génétique grâce à notre mode de vie, et surtout, à notre alimentation.
Des Abeilles aux Humains : L’Impact de ce que nous Mangeons
Savez-vous que la destinée des abeilles est dictée par leur alimentation ? Les larves nourries de gelée royale deviennent des reines, tandis que celles nourries de miel lambda deviennent des ouvrières. Chez les humains, l’impact de l’alimentation est tout aussi crucial. Les jumeaux homozygotes, qui partagent le même patrimoine génétique, peuvent avoir des apparences et des états de santé radicalement différents en fonction de leur régime alimentaire.
Les Clés de la Régulation Génomique
Méthylation et Acétylation : Les Gardiens de Nos Gènes

Deux processus majeurs régissent l’accessibilité à nos informations génétiques :
- La Méthylation : Un ajout de groupements méthyle à l’ADN, qui peut activer ou réprimer les gènes.
- L’Acétylation : Une modification des histones (protéines autour desquelles l’ADN est enroulé), influençant l’ouverture ou la fermeture de notre ADN pour la transcription.
Ces processus dépendent de plusieurs nutriments essentiels comme la vitamine B5, B9, B12, et B2.
L’Alimentation : Le Super Pouvoir de l’Épigénétique
Vitamines et Minéraux : Nos Alliers Invisibles
Pour une méthylation efficace, notre alimentation doit être riche en :
- Acide folique (B9)
- Vitamine B12
- Vitamine B2
- Vitamine B5
Ces vitamines permettent une bonne régulation de nos gènes, influençant notre santé et notre bien-être global.
Super-Aliments : Les Stars de l’Épigénétique
Certains aliments (bio) possèdent des propriétés épigénétiques bénéfiques, notamment :
- Curcuma
- Soja
- Poivrons
- Thé vert
- Brocolis
- Ail
- Café (avec modération)
Ces aliments contribuent à l’optimisation de notre génome, réduisant les risques de cancer, améliorant la longévité et diminuant les maladies chroniques.
Microbiote Intestinal : Notre Deuxième Cerveau
L’Importance de Prendre Soin de Nos Bactéries
Notre microbiote intestinal, composé de milliards de bactéries, joue un rôle crucial dans notre santé globale. Un microbiote sain peut :
- Prévenir l’obésité
- Réduire les inflammations
- Améliorer la digestion
- Renforcer notre système immunitaire
Astuces pour un Microbiote Heureux
- Mastiquer et Manger Lentement : Facilite la digestion et réduit le stress intestinal.
- Prébiotiques et Fibres : Nourrissent les bonnes bactéries.
- Éviter les Pesticides : Privilégier les aliments bio pour éviter les bactéries nuisibles.
- Limiter les Antibiotiques : Seulement en cas de nécessité absolue.
- Privilégier les Aliments Fermentés en petite quantité : Riches en probiotiques (kéfir, yaourt, choucroute).
Conclusion : Vous Êtes ce que Vous Mangez
L’alimentation est la clé pour déverrouiller le potentiel de notre épigénome. En choisissant des aliments nutritifs et en évitant les substances nocives, nous pouvons influencer positivement notre santé et celle des générations futures.
À Votre Santé !
Adoptez une alimentation équilibrée, riche en vitamines et nutriments essentiels, et découvrez le pouvoir de l’épigénétique sur votre bien-être.
Texte intégral :
Bonjour à toutes et à tous. Voilà, je suis heureux de vous épargner et de remercier les organisations pour cette merveilleuse journée sur les piges. Je remercie également la performance de tous, du docteur Vélot, qui a introduit un petit peu plus d’ailleurs le sujet. Moi aussi, je vais vous apporter quelques bonnes nouvelles. C’est-à-dire que nous pouvons en vérité jouer sur notre épigénome, notamment par l’alimentation. Le titre de mon exposé, qui à la fin, bien sûr, parlera du microbiote, mais pas uniquement, puisque l’alimentation au-delà va parler du fait que notre alimentation peut avoir un impact majeur sur nos prédispositions génétiques.
Alors, justement, est-ce que la génétique détermine qui nous sommes et comment nous sommes ? Lorsqu’on regarde ces photos de jumeaux homozygotes, c’est-à-dire des vrais jumeaux, ce sont les mêmes œufs fécondés et qui se sont divisés en deux. Chaque œuf identique au niveau génétique a suivi son chemin dans l’utérus pour donner deux individus eux-mêmes. On peut se dire que finalement, c’est la génétique qui fait ce que nous sommes.
Lorsqu’on regarde ce tableau de Botero, ce fameux peintre brésilien, on peut se dire la même chose. Sauf si on regarde les observateurs et qu’on voit qu’ils sont obèses aussi. On peut dire que ce n’est pas vraiment génétique, alors c’est quoi l’impact de l’alimentation ? 
Vous devez savoir que les abeilles, leur destinée va être complètement différente en fonction du fait qu’elles sont nourries avec de la gelée royale ou juste du miel lambda. En fait, si une larve est nourrie avec du miel banal, elle va se transformer en ouvrière, c’est-à-dire en mâle stérile qui va vivre environ un mois et qui va juste travailler, ramener le pollen à la ruche et ses tâches. Elle va donc être un pauvre petit esclave, alors que si elle a reçu de la gelée royale, elle va se transformer en reine. Elle ne devra pas travailler, elle sera juste là pour pondre et se faire féconder par des mâles qui seront bien sûr fertiles. Vous voyez donc que l’alimentation peut faire d’un même individu une reine ou une ouvrière.
Ce que j’essaie de vous expliquer aujourd’hui, c’est que par l’alimentation, et pas uniquement l’alimentation moléculaire, ce que vous ingérez comme molécule dans votre corps par la bouche, mais également par l’alimentation affective, comme l’a remarquablement expliqué Monsieur Vélot, on peut faire en sorte de sublimer votre potentiel et de faire de chacun d’entre vous une reine ou un roi. Vous avez ce potentiel en vous, cela dépend de vous.
L’impact de l’alimentation peut également se voir chez les jumeaux homozygotes. Ce sont des expériences que la nature nous offre. On voit ici deux sœurs jumelles, de vraies jumelles, sauf qu’elles ne sont pas vraiment les mêmes. On voit bien que Karine est un peu plus pulpeuse que l’autre alors qu’elles ont la même histoire. Ici, encore plus dramatique, on voit ces deux sœurs jumelles qui manifestement ont le même capital génétique mais manifestement pas le même chemin de vie, pas le même environnement. À partir du même génome, exactement, enfin, quasi exactement, on a deux phénotypes complètement différents.
Cette étude génétique, comme Monsieur Vélot vous l’a appris, c’est une véritable révolution biologique, probablement une des plus importantes dans l’histoire de la médecine, puisqu’elle nous explique que notre ADN n’est pas notre seule destinée. C’est une très bonne nouvelle, également une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que tout n’est pas écrit et qu’on peut réécrire, en tout cas réinterpréter, notre héritage génétique.
La mauvaise nouvelle, c’est que ça dépend de nous. C’était plus facile de dire « Ah ben, ce n’est pas de ma faute si je suis gros, si je suis violent, si je suis alcoolique, c’est la faute à ce que m’ont transmis mes parents ». Et comme disait Monsieur Vélot, on peut alors attaquer ses parents en justice. Eh bien non, vous êtes responsable tous les matins quand vous décidez de venir à la journée au lieu de rester chez vous à manger du Nutella par exemple. C’est votre décision qui aura un impact majeur sur l’expression de vos gènes.
Donc, l’épigénétique, et j’avance un peu vite parce que Monsieur Vélot a largement amputé sur mon temps, et d’autre part parce qu’il a quand même un peu défriché le terrain, bien l’épigénétique ce sont les modifications qui sont héritables mais réversibles qui vont affecter l’expression génique sans modification de la séquence d’ADN. Notre génome contient environ 22 000 recettes de protéines.
Ces recettes doivent être photocopiées, c’est ce que Monsieur Vélot a expliqué être la transcription, c’est la photocopie. Lui parlait du salon pour aller à la cuisine, moi je parle de la bibliothèque pour aller à la cuisine. C’est-à-dire que lorsque vous êtes un cuisinier et que vous avez hérité d’un livre de recettes qui se transmet de génération en génération, vous n’allez pas prendre le livre en cuisine parce qu’il pourrait s’abîmer. Vous allez faire une photocopie. La transcription, c’est la photocopie, vous donnez la recette photocopiée à votre cuistot qui va exécuter la recette et vous faire le plat.
Donc, l’accessibilité de la recette, c’est ce qui va définir toute la régulation épigénétique. On va voir que cet épigénome, comme Monsieur Vélot l’a bien dit, les noms en -ome ou -omics, l’épigénomique, la métabolomique, vont être impactés largement par notre alimentation. C’est là qu’on va pouvoir dégager des stratégies pour optimiser cette alimentation. On voit que notre santé, l’ensemble de notre bagage génétique, va se mêler à la génétique, vous le verrez également, à notre exposition environnementale et à notre épigénome qui dépend de notre héritage.
Alors, pourquoi est-ce que nos gènes ne sont pas toujours accessibles ? Parce que, au cours de l’évolution, lorsqu’on est passé de la levure, une cellule eucaryote (ce sont des cellules qui ont des noyaux qu’on appelle eucaryotes par rapport aux bactéries qu’on appelle procaryotes qui n’ont pas de noyau), l’information génétique a augmenté de volume. On a parlé de livres, quand on passe du Saccharomyces cerevisiae, la levure, on a 12 500 000 lettres ATCG qui peuvent se mettre dans un livre de 500 pages, recto verso, simple interligne.
Quand on passe du nématode, on multiplie par 8, on a 100 millions de lettres pour former un texte avec toutes les recettes et instructions pour former ce ver rond, C. elegans. Il nous faut trois livres de 500 pages. Quand on fait un grand saut évolutif à l’humain, on a 3 milliards 200 millions de lettres qui vont se mettre dans 80 livres de 1500 pages, ce qui nous donne une bibliothèque énorme.
Le problème, c’est que cette information génétique va exploser en taille, mais il y a des limitations thermodynamiques qui font que le noyau de la cellule mesure entre 10 et 15 millionièmes de mètre. Si vous prenez les molécules d’ADN de ces 3 milliards 200 millions de lettres, vous avez quatre mètres, ou deux mètres et demi plus ou moins, et vous devez mettre deux mètres et demi de fine ligne dans une vésicule qui fait 10 millionièmes de mètre.
L’effort est un peu comme si vous mettiez 14 mètres de corde dans un ballon de basket. C’est un défi incroyable que la vie a dû résoudre, et elle l’a résolu par la même chose que nous avons fait avec les films, l’évolution du stockage des informations en informatique. On avait d’abord la disquette avec 40 mégaoctets, juste assez pour un texte. Puis on a eu les disques plus importants, puis les clés USB et les CD. La vie n’a fait que répéter ce que la vie a fait avec la compaction.
Ici, vous avez le noyau de cellules, et on voit que dans ce noyau, qui est très bien confiné, vont rester pour tout le reste de l’existence de la cellule. Ces noyaux vont avoir un espace extrêmement constant et limité. Ce que vous voyez en noir, c’est la partie la plus complète, la plus condensée. Lorsque la cellule doit être équipée, ici vous avez un lymphocyte, qui a reconnu la protéine Spike, que vous connaissez bien sûr, et on va animer tous les gènes qui vont être utiles pour faire les anticorps contre cette protéine. On voit que c’est un peu comme quand vous avez un bureau bien rangé avec tous les livres avant de commencer votre session d’études. Puis à la fin, tous les livres sont ouverts, ça prend beaucoup de place, il y a même des livres partout. On a besoin de plus de place.
Néanmoins, l’ADN double brin va se compacter avec une hiérarchie, et cela va donner la chromatine. Pour aider à cette compaction, on a besoin de protéines qu’on appelle les protéines histones et non histones, qui vont permettre de mettre deux mètres et demi d’ADN dans cette petite vésicule. La chromatine est une structure dynamique qui change en fonction de l’activité. On peut voir que lorsque l’ADN est nu, la cellule va faire une photocopie. Le photocopieur va se positionner sur l’interrupteur, l’interrupteur va s’activer, et la photocopie va faire la transcription. Vous allez avoir donc l’ARN messager.
Quels sont les deux mécanismes connus, je dis bien connus, parce qu’il y en a peut-être d’autres que nous ne connaissons pas encore, qui régulent l’accessibilité à l’information génétique, à l’accessibilité aux recettes ?
Le premier, c’est la méthylation. La méthylation est relativement facile. C’est un groupement méthyle (CH3 – un carbone et trois hydrogènes) qui va venir se lier à la molécule d’ADN ou aux protéines, et modifier la structure et donc la fonction.
Puis, il y a la modification des histones. Les histones sont les protéines qui forment cette perle autour de laquelle l’ADN s’enroule. Pour que la cellule puisse copier l’ADN, il faut que l’ADN soit complètement droit.
La transcription se fait par deux enzymes, une enzyme qui va mettre l’acétylation, et on a besoin d’un donneur de groupement acétyle. Il faut de la vitamine B5 pour donner l’acétate. Quand le nucléosome est fermé, l’information n’est pas accessible. Quand il est ouvert, l’information est accessible.
Le rôle de l’alimentation dans la régulation épigénétique est crucial. La vitamine B5, la méthylation, la disponibilité des acides foliques, la vitamine B12, et la vitamine B2 sont essentielles pour la méthylation. La méthylation de l’homocystéine en méthionine nécessite la vitamine B9, la vitamine B12 et la vitamine B2.
En conclusion, la génétique et l’épigénétique sont indissociables. Notre alimentation joue un rôle crucial dans notre santé. Une alimentation riche en vitamines et nutriments essentiels peut réguler l’expression génique et influencer notre santé globale. Nous devons consommer une alimentation équilibrée, riche en fibres et polyphénols, éviter les pesticides, les antibiotiques, et manger lentement pour préserver notre microbiote.
Merci pour votre attention et je vous souhaite une vie en pleine santé. Soyez aimé !
Complément d’information
Aliments Riches en Vitamines B5, B9, B12 et B2
Pour maximiser votre apport en vitamines B5, B9, B12 et B2, voici quelques aliments qui contiennent ces quatre vitamines :
Foie (notamment de bœuf et de poulet)
- Vitamine B5 : Le foie est une excellente source de cette vitamine, essentielle pour le métabolisme des graisses, des protéines et des glucides.
- Vitamine B9 : Contient une grande quantité d’acide folique, nécessaire pour la formation de l’ADN et des globules rouges.
- Vitamine B12 : Le foie est l’une des meilleures sources de vitamine B12, indispensable pour le système nerveux et la production de globules rouges.
- Vitamine B2 : Le foie est également riche en riboflavine, essentielle pour le métabolisme énergétique.
Œufs
- Vitamine B5 : Présente principalement dans le jaune.
- Vitamine B9 : Une source modérée d’acide folique.
- Vitamine B12 : Contient une bonne quantité de vitamine B12.
- Vitamine B2 : Les œufs sont riches en riboflavine.
Légumes à Feuilles Vertes (comme les épinards)
- Vitamine B5 : Contient de petites quantités de cette vitamine.
- Vitamine B9 : Une excellente source d’acide folique.
- Vitamine B2 : Les épinards sont riches en riboflavine.
Poissons (notamment le saumon)
- Vitamine B5 : Contient des quantités modérées de cette vitamine.
- Vitamine B9 : Les poissons, en général, contiennent de petites quantités d’acide folique.
- Vitamine B12 : Le saumon est une excellente source de vitamine B12.
- Vitamine B2 : Le saumon est également riche en riboflavine.
Produits Laitiers (comme le lait, le yaourt et le fromage)
- Vitamine B5 : Présente en quantités modérées.
- Vitamine B9 : Contient de petites quantités d’acide folique.
- Vitamine B12 : Les produits laitiers sont de bonnes sources de vitamine B12.
- Vitamine B2 : Riche en riboflavine.
Intégrer ces Aliments dans Votre Régime
Voici quelques idées de repas pour intégrer ces aliments riches en vitamines B5, B9, B12 et B2 :
- Petit-déjeuner : Omelette aux épinards et fromage, accompagnée d’un verre de lait.
- Déjeuner : Salade d’épinards avec des morceaux de saumon grillé, assaisonnée avec un peu de foie de poulet cuit.
- Dîner : Foie de bœuf sauté avec des légumes verts (comme le brocoli et les épinards) et une portion de yaourt en dessert.
- Encas : Un œuf dur ou une poignée de noix, accompagnée d’un morceau de fromage.
En incluant régulièrement ces aliments dans votre alimentation, vous pouvez vous assurer de recevoir une quantité adéquate de vitamines B5, B9, B12 et B2, essentielles pour votre santé et votre bien-être global.
